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Mercredi
10 janvier 2001
Le
syndicat UGICT CGT TECHNIP est heureux de vous présenter ses meilleurs
voeux pour l'année 2001.
Avant
que s'ouvrent vendredi 12 janvier les négociations salariales pour 2001,
un point rapide sur la situation de TECHNIP FRANCE s'impose. Après
une année 2000 que l'on peut qualifier de transition et de test pour un
TECHNIP en FRANCE passé de possesseur du Groupe au rang de simple filiale
TECHNIP FRANCE, dans quelles conditions aborde-t-on 2001, et avec quels objectifs ? AU
NIVEAU FINANCIER Le
Groupe TECHNIP dispose d'importantes ressources financières et d'une importante
trésorerie issue de TECHNIP FRANCE, qui permettent à la Direction
de la holding d'annoncer des résultats en hausse constante, de prévoir
des dividendes en augmentation qui ponctionnent de plus en plus lourdement les
bénéfices au détriment du social, de poursuivre le développement
de TECHNIP uniquement par de nouvelles acquisitions de sociétés,
et enfin de soutenir des filiales pour les rendre concurrentielles et y transférer
une partie de notre activité et de nos prestations habituelles. Ainsi,
TECHNIP FRANCE, qui n'a plus d'autonomie dans sa trésorerie, se trouve
fragilisé et son avenir dépend pour l'essentiel de quelques personnes
regroupées dans une holding décidant de l'attribution des contrats,
du niveau de notre backlog spécifique et privilégiant d'autres centres
en externalisant notre savoir-faire et nos compétences. En
termes de moyens financiers propres, TECHNIP FRANCE a été affaibli,
et le faible niveau des heures contrats qui nous a été attribué
par la holding en 2000 ne devrait pas améliorer cette situation financière,
pas plus d'ailleurs que la vente des actions COGEMA, qui est prise en compte au
niveau de la holding et pas de TECHNIP FRANCE. Il
y a nécessité de revoir cette situation et d'impulser dans ce sens.
Encore faudrait-il que le Comité Central d'Entreprise se donne les moyens
pour cela en s'appuyant notamment sur ses experts pour formuler des propositions
économiques et financières en conséquence. AU
NIVEAU DE LA CHARGE TECHNIP
FRANCE a clos l'année 2000 avec un niveau de 2 315 000 heures/contrats
à comparer à l'objectif budgétaire de 2 350 000 h. Les
derniers chiffres de charge acquise communiqués en C.C.E. datent d'octobre
et donnaient 1019 000 heures contrats sur un an, soit moins de cinq mois, ce qui
est le niveau le plus bas jamais enregistré à TECHNIP. Un
niveau qui aurait pu être jugé très préoccupant si
la sous-traitance n'avait pas été maintenue à un niveau très
élevé. L'on
peut même s'interroger si ce bas niveau n'a pas été provoqué
pour inquiéter le Personnel et peser négativement sur les négociations
sur le temps de travail et les salaires mais aussi pour convaincre que l'avenir
se situe dans les filiales. Pour 2001, le budget heures contrats de TECHNIP FRANCE est en baisse.
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Réalisé
1999 |
Budget
2000 |
Réalisé
2000 |
Budget
2001 |
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heures
contrats salariés TECHNIP FRANCE et sous-traitance logée |
2
758 000 h |
2
350 000 h |
2
315 000 h |
2
250 000 h |
| |
heures
sous-traitance extérieure |
N.C. |
450
000 h |
N.C. |
550
000 h |
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La
Direction prévoit un nouveau transfert de 100 000 heures vers la sous-traitance
dans les filiales, portant ainsi cette part à 550 000 h. Pour
augmenter le budget commercial, les heures d'exploitation sont réduites
en 2001. Cette augmentation du budget commercial a pour but d'accroître
encore le travail sur proposition par du personnel de TECHNIP FRANCE pour les
autres filiales du groupe. La
Direction prévoit une forte activité propositions en 2001 qui sera
très importante en direction des autres centres opérationnels. Elle
se déclare étonnamment optimiste sur notre niveau de charge en FRANCE. Elle
déclare également que l'activité clé-en-main doit
augmenter, ce que nous ne cessons de demander depuis des années pour maintenir
le savoir-faire, mais tous les derniers contrats signés et ceux potentiels
concernent essentiellement des basic et des feed. Avons-nous
encore les moyens de traiter à PARIS un gros contrat clé-en-main
générateur d'heures et de marges, compte tenu de la baisse constante
des effectifs et du nombre important d'expatriés dans les filiales ? Comment
croire que le Moyen Orient va représenter 50 % de notre activité
2001 et compenser notre retrait progressif de la zone Europe ? Depuis
notre transformation en filiale, la Direction se montre optimiste sur la charge,
sans que les faits lui donnent raison. Les derniers regroupements entre majors
pétrochimiques ont à l'heure actuelle un impact négatif sur
les heures en carnet de TECHNIP FRANCE. Depuis
l'arrivée de D. VALOT, visiblement plus préoccupé de soigner
son image, le nombre d'heures contrats signées pour TECHNIP FRANCE a chuté
considérablement et la charge est passée d'excellente à inquiétante.
Aucun gros contrat n'est prévu permettant de redresser cette situation. Notre
rôle dans le Groupe a véritablement changé et si nous restons
leader pour les propositions, nous ne le sommes absolument plus dans la réalisation
des contrats. C'est cette place qu'il nous faut reconquérir et imposer à une Direction Générale qui navigue surtout en fonction des fluctuations de la Bourse, ce qui peut s'avérer très dangereux pour l'avenir. Dans le domaine de l'attribution des contrats, le C.C.E. a aussi un rôle de propositions qu'il lui faut exercer !
AU NIVEAU DES EFFECTIFS
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Réalisé
1999 |
Budget
2000 |
Réalisé
2000 |
Budget
2001 |
|
|
Administratif |
1710 |
1710 |
1660 |
1710 |
|
|
Economique
moyen |
1677 |
1677 |
1634 |
1650 |
|
|
Extérieurs
logés (A) et groupe (B) |
(A)
307 + (B) 101 = 408 |
204 |
(A)
156 + (B) 84 = 240 |
(A)
171 + (B) 130 = 301 |
|
|
Personnel
travaillant pour le Groupe |
N.C. |
100 |
N.C. |
110 |
|
Chaque
année, malgré les engagements solennels de la Direction Générale
sur leur augmentation, les effectifs ne cessent de baisser. Quant à la
part de travail de chacun, elle se trouve augmentée de fait chaque année. 2001
est la première année d'application de la réduction du temps
de travail, et c'est l'année où la Direction prévoit en fait
une nouvelle diminution des effectifs au lieu de les augmenter. La Direction vise une nouvelle augmentation de la productivité. Elle pense y parvenir notamment en faisant varier les amplitudes hebdomadaires d'une partie du Personnel. Très vite une partie de la hiérarchie s'est empressée d'inaugurer ses nouvelles prérogatives issues de l'accord d'entreprise.
C'est ainsi que le vendredi 22 décembre vers 16 h, un certain nombre de
personnes se sont vues notifier par la messagerie un horaire hebdomadaire minimum,
ou maximum, dès le 2 janvier... Le
nombre de départs est important. Il est le résultat du manque
de mesures salariales à niveau dans l'entreprise. Il
est tout aussi évident que la dérive vers une sous-traitance systématique
à encadrer, l'expatriation forcée, et l'approche de plus en plus
disciplinaire des problèmes ne sont pas de nature à améliorer
les conditions de réalisation des propositions et des contrats ni à
motiver le Personnel dans TECHNIP. Il
y a urgence, à augmenter les effectifs opérationnels, et non pas
ceux déjà importants de la hiérarchie, et à reprendre
des axes de travail techniques qui permettent de maintenir la qualité,
et la maîtrise de tout le processus de réalisation. AU
NIVEAU DE L'ORGANISATION Initiés
dans le plus grand secret, mis en place sans explications ni transparence, les
regroupements de Départements se poursuivent et permettent d'alimenter
la rubrique nominations. L'un des derniers en date concernant les Equipements, l'Installation et le Génie Civil se traduit par une mise en cause fondamentale, de la notion de service.
En effet, il a été notifié au personnel des ASP (Appareils
sous Pression), laboratoire d'expérimentation de H. MALYS, de se trouver
une place dans les Projets, leur service n'existant plus en tant que tel et étant
limité à un responsable technique et à quelques armoires. Rompre ainsi l'équilibre entre les projets et les services est une erreur grave qui confine au sabotage de la part de professionnels de l'ingénierie qui devraient plus se préoccuper d'obtenir des heures contrats que de mettre en cause ce qui était à conserver et qui était efficace. Le travail en "taskforce" est une nécessité pour améliorer les méthodes, la coordination et les délais. Laisser au Personnel le soin de se trouver un projet est un pas à ne pas franchir. Il n'y a qu'à regarder ce qui s'est passé dans les autres ingénieries françaises qui ont voulu appliquer ce type d'organisation : une perte du savoir-faire concentré au sein des services, et le fiasco.
Depuis le changement de P.D.G. du Groupe, rien n'a été construit
dans le sens de l'amélioration de ce qui devrait l'être au niveau
technique. Par contre, la casse de ce qui fonctionnait bien et permettait de travailler
au sein de TECHNIP FRANCE s'est systématisée. EN
CONCLUSION Pour
redresser la situation de TECHNIP FRANCE, les discours ne suffiront pas, si les
déclarations d'intention concernant notamment l'amélioration du
niveau de charge ne sont pas suivies d'effet. Le
Personnel demande des résultats concrets et des actes positifs pour développer
notre savoir faire, améliorer notre organisation technique et nos méthodes,
motiver le Personnel par de bonnes mesures salariales, pour assurer la pérennité
de TECHNIP en FRANCE.
Mise
à jour :
02/05/2001 9:53 PM
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