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Mercredi 24 janvier 2001

 

MANIFESTONS DEMAIN
POUR NOS RETRAITES


 

Depuis que vous avez commencé à travailler, vous cotisez pour votre retraite dans plusieurs régimes :

- un régime de base de la sécurité sociale,

- le régime complémentaire ARRCO,

- si vous êtes cadre ou assimilé, le régime complémentaire AGIRC.

En contrepartie des cotisations versées, des droits à retraite vous sont attribués dans chacun des régimes. Depuis le 1er avril 1983, l'âge ouvrant droit à la retraite à taux plein (c'est-à-dire sans abattement sur le montant de la pension) dans les régimes de base de sécurité sociale est de 60 ans (il était de 65 ans auparavant). Par contre, cet âge est resté fixé, de par la volonté du patronat, à 65 ans dans les régimes complémentaires ARRCO et AGIRC.

Cependant, un accord tripartite, dit "accord ASF", a été passé en 1983 entre l'État, le patronat et les syndicats, et renouvelé en 1990, 1993 et 1996.

Il permet aux salariés de faire liquider dès l'âge de 60 ans et sans abattement leurs droits à retraite dans les régimes complémentaires ARRCO et AGIRC dès lors qu'ils remplissent la condition de durée d'’assurance requise dans leur régime de base.

Le surcoût qui en résulte pour les régimes complémentaires est financé par des cotisations, dites "cotisations ASF", versées par les salariés et les entreprises plus une contribution financière de l'Etat.

Or, cet accord expirait le 31 décembre 2000.


LES OBJECTIFS DU MEDEF

Depuis le 1er mars 2000, des discussions sur le devenir de l'ASF et sur l'avenir des régimes de retraite ARRCO et AGIRC se sont déroulées entre le patronat et les syndicats. Dans ces réunions, les cinq confédérations syndicales ont réclamé ensemble l'alignement définitif des conditions d'âge et de durée de cotisation pour l'obtention du taux plein à l'’ARRCO et à l'AGIRC sur celles en vigueur dans le régime de base de la Sécurité sociale et le transfert à cet effet des cotisations ASF à ces deux régimes.

Le MEDEF, pour sa part, s'y est refusé obstinément. Il veut bien proroger jusqu'au 31 décembre 2003 le dispositif actuel, mais à la condition qu'à partir du 1er janvier 2004, l'âge et la durée de cotisation requis pour l'obtention du taux plein soient augmentés chaque année d'un trimestre avec l'objectif de porter la durée requise de cotisation à 45 ans dans 20 ans.

Il veut, au nom de la "neutralité actuarielle", imposer des abattements croissant chaque année pour tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et qui seraient appliqués aux droits acquis par les salariés qui “choisiraient” de partir avant l'âge requis.

La possibilité de partir à taux plein à 60 ans serait formellement maintenue, mais à des conditions de durée de cotisation telles que dès 2006 plus personne ne pourrait les remplir puisqu'il faudrait avoir commencé à cotiser dès 16 ans !

La retraite à 60 ans n'existerait plus.

 

UN DIKTAT INACCEPTABLE

Dans la nuit du 21 au 22 décembre le MEDEF a choisi de rompre les négociations, sommant les organisations syndicales d'accepter les propositions patronales. "C'est à prendre ou à laisser" a déclaré le responsable du MEDEF. Il prend ainsi en otage les 15 millions de salariés du secteur privé qui risquent à partir du 1er avril 2001, d'être obligés de faire liquider leur retraite complémentaire avec un abattement pouvant aller jusqu'à 22 %.

Il met en cause la situation de plusieurs centaines de milliers de préretraités qui comptaient faire liquider leurs droits à 60 ans, dans le cadre des accords passés dans les branches et les entreprises. Ce diktat est inacceptable.

Pendant 9 mois, le MEDEF n'a pas réellement négocié. Il cherche, en refusant d'examiner toute alternative à l'allongement de la durée de cotisation, à remettre en cause la place de l'’ensemble du système par répartition, régimes complémentaires et régimes de base réunis. La voie serait ouverte aux systèmes par capitalisation, à l'épargne financière et aux compagnies d'assurance.


LA MOBILISATION UNITAIRE

Unanimes les organisations syndicales sont déterminées à combattre cette stratégie. Le gouvernement a dit qu'"il ne laisserait pas faire". Mais cela ne résout pas tous les problèmes.

Il y a besoin d'’un accord qui fasse droit aux attentes des salariés, notamment :

- pour garantir la retraite à 60 ans sans abattement,

- pour l'amélioration des possibilités de départ anticipé,

- pour améliorer le pouvoir d'achat des retraites.

L'enjeu de la négociation est devenu celui de 24 millions de salariés actifs et retraités du secteur privé. Ceux-ci doivent pouvoir exprimer leurs exigences et leur soutien aux propositions syndicales.

La CGT, la CFDT, FO, la CFTC et la CGC ont décidé d’une première initiative interprofessionnelle unitaire qui prendra la forme d'actions dans les entreprises, de rassemblements et manifestations le 25 janvier.


L'ENGAGEMENT DE LA CGT

Il s'agit d’exprimer, face à l'intransigeance du MEDEF, la volonté commune de défense et d'amélioration du système collectif de retraite pour plus de justice et de solidarité et l'exigence de réformes positives permettant de faire face aux besoins de financement à moyen et long terme des régimes. La CGT appelle tous les salariés, les chômeurs et les pre-retraités à participer à la manifestation unitaire du 25 janvier 2001.

 


Communiqué de presse du 18 janvier 2001 - Position des Confédérations syndicales sur l'ASF :

Les Confédérations se sont concertées pour examiner la situation créée par les déclarations du Medef appelant les entreprises à ne plus lever les cotisations ASF pour les retraites complémentaires. Cette décision conduirait, en fait, à l'assèchement et à la disparition de l'ASF.

Elle entraînerait, ipso facto, un abattement important sur les futures retraites complémentaires. Les organisations signataires contestent l'argumentation qui accompagne cet appel : la déclaration commune du 21 septembre 2000, adoptée par les organisations de salariés et d'employeurs, témoigne de la volonté des parties de préserver les règles en vigueur de liquidation des retraites jusqu'au 1er avril 2001, donc aussi des financements.

Par ailleurs, la réunion du Conseil d'administration de l'ASF du 12 janvier n'a pas conduit cette instance à dénoncer la convention qui lie l'ASF à l'UNEDIC qui a en charge de recouvrer les cotisations pour compte de l'ASF et encore moins à la disparition de celle-ci.

Dès lors, les organisations signataires affirment solennellement que les cotisations ASF doivent être prélevées par l'UNEDIC.


DECLARATION DU SECRETAIRE DE LA CGT RETRAITES :

LE MEDEF CONFIRME SON CHANTAGE

A la suite de son assemblée générale, le MEDEF a confirmé le fond de ses positions sur les retraites complémentaires.

L'organisation patronale continue à entretenir l'ambiguïté quant au versement des cotisations des entreprises permettant de financer la retraite à 60 ans. Elle maintient que seule sa proposition d'allongement de la durée de cotisation peut apporter une réponse au financement des retraites.

Que vaut alors l'appel aux organisations syndicales, si la proposition patronale de passer à 45 ans de cotisation est à prendre ou à laisser ?

Qui plus est le MEDEF menace les futurs retraités d'une amputation définitive de leur retraite au-delà du 31 mars prochain.

Une telle attitude est contraire à tout esprit de négociation.

Elle est inacceptable.

Cela renforce le besoin pour les salariés d'exprimer haut et fort leurs exigences et leurs propositions ; l'appel unitaire de toutes les confédérations syndicales à l'action le 25 janvier répondra à ce diktat. La CGT défendra avec les salariés le droit à la retraite à 60 ans, l'amélioration des possibilités de départ anticipé et l'amélioration du pouvoir d'achat des retraites.

C'est ce qui sera au coeur des arrêts de travail et des manifestations le 25 janvier.

 

LE SYNDICAT UGICT CGT TECHNIP

VOUS APPELLE A PARTICIPER NOMBREUX

A LA MANIFESTATION DEMAIN JEUDI 25 JANVIER A 15h

à PARIS, de Montparnasse au siège du MEDEF


Départ : dans le hall de CB3 à 14h15 ou rendez-vous sur place : Place du 18 Juin 1940 à 15h (métro Montparnasse Bienvenüe)

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Mise à jour : 03/22/2001 2:04 AM