Mardi
28 novembre 2000
35
h
DEMAIN,
LA MOBILISATION ET LA DETERMINATION
DU
PERSONNEL SERONT LA CLE
UNE
REUNION AUJOURD'HUI, CONVOQUEE DANS LA PRECIPITATION
A
peine entamée, la Direction voudrait-elle arrêter la
négociation ? C'est ce que donne à penser la convocation
précipitée et inattendue des Délégués
Syndicaux pour cet après-midi sur l'ordre du jour suivant :
"négociation du protocole d'accord sur la consultation des
salariés de l'établissement de Paris la Défense
sur le projet d'accord relatif à l'aménagement et à
la réduction du temps de travail chez Technip France" alors
qu'aucun projet n'a à ce jour été négocié
en réunion Délégués Syndicaux/Direction,
chaque participant ayant jusqu'ici présenté des propositions
plus ou moins contradictoires.
La
Direction serait-elle réellement incapable de porter à
son terme une négociation avec les organisations syndicales ?
Comme pour les salaires, elle donne l'impression d'être littéralement
bloquée dès lors qu'une négociation digne de ce
nom commence.
Dès
que ses propositions évoluent sérieusement, elle se recroqueville,
se fige de peur d'aboutir à un bon compromis entre toutes les
parties et elle se met à rechercher un appui parmi les "partenaires
sociaux" pour conclure prématurément la négociation.
Aurait-elle
déjà obtenu hors-réunion l'accord d'un ou deux
syndicats sur des propositions qui ont été rejetées
majoritairement par toutes les catégories de Personnel la semaine
dernière ?
Cela serait totalement illégal, puisqu'une réunion de
négociation est convoquée pour demain.
Ou
bien, dépassée par l'ampleur du résultat du vote
de mercredi dernier, cherche-t-elle pour évacuer le problème
de fond, c'est à dire l'application des 35 heures à TECHNIP,
à déplacer le problème vers des questions de forme,
qui ne peuvent être abordées qu'en fin de négociation
?
En
mettant en toute hâte la charrue avant les boeufs, la Direction
montre son désarroi devant une question aussi fondamentale pour
notre avenir que les 35 heures et devant la fermeté du Personnel.
Ce
n'est pas ce qu'attend le Personnel, ce n'est pas une réponse
adaptée à sa demande exprimée massivement par le
vote.
Nous
sommes loin du compte pour aboutir à un bon accord.
La
négociation sur les 35 heures s'est engagée, elle doit
impérativement se poursuivre, comme prévu, et ce en présence
des Délégués Syndicaux de LA DEFENSE et de LYON.
C'est
sur le fond et non pas sur la forme que les Délégués
Syndicaux UGICT CGT interviendront pendant la réunion de cet
après-midi.
DEMAIN,
UNE REUNION DETERMINANTE, QUI NECESSITE L'ACTION DU PERSONNEL
La
réunion de demain, obtenue par l'action du Personnel mercredi
dernier, portera sur : "la durée effective et l'organisation
du temps de travail".
Demain,
il est donc essentiel d'être présents nombreux à
ce nouveau rendez-vous pour que la négociation se poursuive véritablement
sur les bases définies par le vote massif du Personnel.
Si
quelques verrous ont été ouverts, il reste encore de
nombreux points à obtenir.
Les
propositions de la Direction, quoique modifiées sur plusieurs
points après le vote du Personnel, restent basées sur
l'utilisation du Personnel aux seules périodes où elle
le souhaiterait, selon la durée hebdomadaire qu'elle décréterait,
et ce, que l'on soit non-cadre, cadre annualisé ou non-annualisé.
La
Direction propose toujours d'écarter une large partie des cadres
de la réduction effective du temps de travail en voulant leur
imposer le forfait/jours.
Ses
propositions reposent toujours sur une très forte augmentation
de la productivité du Personnel, puisqu'aucune augmentation
d'effectifs n'est actuellement prévue dans le cadre de la RTT.
La seule possibilité de bénéficier des jours
de RTT serait de faire son travail en moins de temps.
Le
comble serait alors que 50 % de ces jours ne puissent être pris
que sur la seule décision de la Direction.
Enfin,
l'approche de la Direction sur les heures reportées est inacceptable,
tout comme celle concernant la prise en compte des jours d'ancienneté
dans le calcul des jours de congés RTT. A cet égard, la
Direction inclut dans ce calcul des jours fériés reposant
sur des usages, des jours RTT qui seraient issus d'un accord TECHNIP
FRANCE et des jours d'ancienneté conventionnels qui s'imposent
à toutes les entreprises.
C'est
pourquoi en premier lieu il convient de sortir ces jours d'ancienneté
conventionnels de la négociation pour lui redonner ainsi
plus de clarté et de lisibilité.
Mercredi,
la pression du Personnel doit être forte, donc à la hauteur
pour pouvoir faire encore évoluer la situation en sa faveur et
obtenir de nouvelles avancées significatives propres à
parvenir à un bon accord :
- Le
principe de l'augmentation des effectifs lié à la réduction
du temps de travail doit absolument être admis par la Direction.
Le nombre d'embauches au-delà du maintien des effectifs et
de l'apport de Krebs-Speichim doit être clairement établi.
Sans embauches supplémentaires, la réduction du temps
de travail ne pourra se traduire que par une augmentation de la charge
de travail individuelle et par une difficulté constante à
prendre les jours de congés RTT.
- Le
forfait en jours doit être complètement abandonné.
Le décompte en heures pour tous, basé sur 37 heures
par semaine, doit être la règle pour des personnels de
toutes catégories et de tous coefficients qui travaillent
constamment en équipes et donc très souvent avec les
mêmes amplitudes horaires et aux mêmes jours dans l'année.
- L'amplitude
horaire hebdomadaire doit absolument être limitée à
39 h maximum, la durée actuelle, et à 35 h
au minimum, la durée hebdomadaire fixée par la loi,
et doit pouvoir être décidée aussi sur l'initiative
du salarié.
- Il
manque encore un jour et demi de RTT pour obtenir qu'avec 37 heures
de référence hebdomadaire, l'application des 35 heures
soit effective.
- Le
contrôle automatique des heures effectuées, les
heures reportées, l'horaire variable, les
temps partiels et les déplacements / expatriations
sont autant de points à faire évoluer pour qu'aucun
membre du Personnel ne soit écarté de l'application
de la réduction du temps de travail.
Demain
sera la journée déterminante.
Depuis
le début des discussions, le Personnel a répondu présent
à chaque étape importante, conscient des enjeux pour son
avenir.
Il
s'agit demain d'être décisifs pour que des mesures positives
sortent de la négociation.
La
Direction prend en compte le mécontentement du Personnel et
son expression collective.
Nous
sommes convaincus qu'une bonne application des 35 h est à notre
portée à TECHNIP.
L'enjeu
nécessite mobilisation, détermination et manifestation
de la conviction et de la volonté du Personnel.
Votre
action de demain sera la clé de la négociation.
Demain,
agissez pour vos 35 heures.