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15 avril 2002

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15 avril 2002

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Remarques sur la sécurité à Gulf Marine Fabricators
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Interview d’un ouvrier victime d’un grave accident du travail
15 avril 2002

 

Après 15 mois de lutte pour la reconnaissance de leur syndicat,
Victoire des salariés de Brylane !
3 février 2003


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15 avril 2002

La Louisiane antisyndicale et la victoire d’Avondale

Le bayou : au coeur de la lutte antisyndicale

ccfc (JPEG) Le bayou de Louisiane, à une heure de la Nouvelle Orléans, est un site traditionnel de la lutte antisyndicale. Une organisation intitulée "CCFC, Concerned Citizens For the Community", parsème le bord des routes de panneaux vengeurs : "there is no you in union" (jeu de mot sur le "u" de union, ou syndicat, qui se prononce comme "you", toi : le syndicat ce n’est pas toi, ou bien "working together to stay union free", travaillons ensemble pour la liberté sans syndicat. Le troisième modèle est un cercle avec le mot "union" barré et le slogan, "thank you, no union" : un syndicat, non merci.

camp (JPEG) De petits chantiers navals en territoire cajun se sont équipés de camps de logement étonnants pour les ouvriers d’origine mexicaine : derrière de hautes clôtures fermées hérissées de barbelés, des rangées de petits bâtiments type barraquement de chantier, gris, identiques aux minuscules fenêtres, logeant chacun dix immigrés, et solidement verrouillés la nuit. L’exemple photographié est un chantier naval près de Houma, "Quality Shipyards".

Devant le chantier de Larose, les panneaux du CCFC sont bien en évidence.

La paroisse de Lafourche est elle célèbre pour ses décharges d’EXXON pour lequel ce dernier fait l’objet de poursuites en raison d’un taux élevé de leucémie.

Le drapeau jaune du CCFC flotte sur le campement plus sophistiqué, également gris et de type disciplinaire, non moins barricadé derrière de hautes clôtures et des barbelés et protégé par un poste de garde de type militaire, celui de "North American Shipbuilding", un autre chantier naval.

Une lutte exemplaire pour obtenir la reconnaissance du syndicat : le chantier naval d’Avondale

Un chantier naval syndiqué en 2000

Situé dans la banlieue de la Nouvelle Orléans, ce chantier important a 6500 ouvriers. Il appartient aujourd’hui à NORTHROP GRUMMAN qui a acheté le chantier d’abord repris par LYTTON en 1999, une société possédant un chantier syndiqué dans le Mississipi.

Le syndicat a été reconnu à Avondale après ... sept ans de lutte.

Visite du chantier

Aujourd’hui, c’est le responsable des Relations Humaines qui nous fait visiter ce chantier impressionnant de propreté que nous ne photographierons pas pour des raisons de confidentialité.

Ici, les ouvrières peintres nous informent que le matériel de sécurité est fourni par la Direction, respirateur, capuchon, lunettes...

La campagne de syndicalisation

A Avondale, la campagne de syndicalisation a commencée en 1993. Le vote pour confirmer la signature majoritaire des cartes a eu lieu en 1994. Le syndicat a été reconnu en 2000 seulement.

En 1993, la société alors propriétaire des chantiers navals connaissait des difficultés financières. Elle se rattrapait sur le dos des ouvriers dont les salaires étaient très bas.

De plus, les accidents du travail étaient nombreux et graves (7 morts entre 1990 et 1999).

Peintres et ouvriers de la métallurgie se coordonnèrent et rassemblèrent les cartes pour demander la reconnaissance du syndicat. Conformément à la section 9 du NLRA, un vote fut organisé, confirmant avec un résultat de 60 % de votes "pour" la demande majoritaire du personnel. Cent ouvriers avaient été suspendus ou licenciés, ce qui fit l’objet de poursuites judiciaires pour violation de la section 8(a)3 du NLRA. La Direction porta plainte pour contester le résultat de l’élection. La Cour Fédérale déclara que le personnel aurait dû présenter une pièce d’identité. Mais la contestation juridique fut gagnée par l’AFL CIO.

Le coût des violations de la loi : 10 millions de dollars pour Avondale

Les pénalités ont atteint un niveau exceptionnel.

473 plaintes concernant les manquements à la sécurité auprès de l’OSHA, dont 266 pour violations "volontaires" concernant les orifices au sol non couverts, les échafaudages peu surs, le travail en hauteur sans protection, et les points d’accrochage incorrectement fixés pour soutenir les ouvriers lorsqu’ils travaillent à grande hauteur. Ces violations volontaires ont coûté 70 000 dollars pour chacune des catégories à Avondale.

Total : 717 000 dollars.

A ces plaintes pour manquements, s’ajoutèrent 700 plaintes pour falsification des rapports sur les accidents.

Coût : 537 000 dollars.

A ces amendes sécurité, s’ajoutèrent les frais de justice abusivement facturés au client principal, la marine nationale américaine, la Navy.

Montant : 5,4 millions de dollars.

Le total de la note Sécurité (OSHA) + entrave syndicale (NLRB, National Labor Relations Board) + remboursement Navy + remboursement des frais de justice du syndicat, s’est monté à près de 10 millions de dollars à Avondale.

22 ouvriers abusivement licenciés ont été réintégrés avec effet rétroactif.

Victoire également contre la discrimination et pour les droits civiques

Ce conflit a également été un cas de victoire contre la répression syndicale individuelle. Une des militantes syndicales leader de la campagne d’organisation, Betty Dumas, était une femme afro-américaine originaire de Trinidad. Elle a poursuivi son employeur pour atteinte aux droits civiques. Elle faisait l’objet d’attaques d’ordre sexuel (affichage de photos déshabillées de femmes noires de sa corpulence), d’ordre racial (poupées noires pendues comme au gibet). Elle gagna son procès et le harcèlement sexuel et les attaques de caractère racistes furent reconnues.

Un chantier ou le personnel est majoritairement syndiqué dans une région ou d’autres campagnes ont connu un succès rapide

Le chantier d’Avondale est situé dans un état où l’adhésion individuelle au syndicat n’est pas obligatoire en cas de reconnaissance du syndicat par une entreprise. Les salariés syndiqués y sont majoritaires

Dans le cas du chantier concurrent de GULF MARINE FABRICATORS, Mc DERMOTT, le chantier naval de Lousiane, la reconnaissance du syndicat fut vite acceptée car il y a avait des difficultés liées à l’utilisation de l’amiante sur le chantier.

Chez BABCOCK-WILCOX, la campagne n’a pas non plus duré bien longtemps avant la reconnaissance du syndicat.

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