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8 octobre 2002


Tous les articles sur le thème : OIT - Droits fondamentaux
 

15 avril 2002

Salarie sanctionné pour affichage OIT - Joe COMEAU

Comté de San Patricio
Etat du Texas

Déclaration

Joe Comeau (JPEG) Mon nom est Joseph S. Comeau Jr. Je suis domicilié à Ingleside, Texas.

J’ai précédemment fait une déclaration concernant les violations de mon droit d’organisation au titre du National Labor Relations Act. Le 15 mars 2002 j’ai assisté à une réunion d’entreprise à environ 7 h du matin dans la salle de conférence. Il y avait environ 80 ouvriers à la réunion.

Brinson Miles et D. Guerrero ont fait une présentation et PC a fait la traduction en espagnol. Tout à fait à la fin de la réunion, j’ai posé à Brinson Miles plusieurs questions.

Je lui ai demandé si McDermott avait bien accordé des augmentations de salaires significatives après la reconnaissance du syndicat par l’entreprise et nous avait pourtant supplanté en faisant une proposition à un prix inférieur pour l’affaire BP Amoco.

Je lui ai aussi demandé si le reste de la société avait des syndicats et si le Président soutenait le droit d’organisation. Je lui ai posé une autre question, mais je ne me souviens plus laquelle. Avant que je puisse poser une autre question, il a dit qu’il n’y avait plus de temps pour poser d’autres questions.

Lors de la réunion à laquelle j’ai assisté, personne d’autre n’a posé de questions, mais j’ai compris que des ouvriers ont posé des questions aux autres réunions.

Le 16 mars 2002, j’ai apposé les affiches ci-jointes sur le mur dans le poste de garde. J’ai affiché la version en anglais et la version en espagnol en bas du mur et je n’ai recouvert aucun des autres documents déjà affichés. Lorsque j’ai affiché les documents émanant de l’Organisation Internationale du Travail, il y avait deux affiches pour la vente de jantes de camions sur le mur. Plus tard ce jour-là, j’ai appris par un collègue de travail que JA avait retiré le document de l’OIT.

Le 18 mars 2002 je suis allé travailler et j’ai remarqué une grande plaque sur laquelle était peint "votez contre le syndicat ("Vote No Union"). Le même message était peint sur un vestiaire qui appartenait à PD.

A ma connaissance, la compagnie n’a pas fait d’enquête pour savoir qui avait fait ces inscriptions à la peinture ni émis d’avertissement écrit à qui que soit à la suite de ces peintures.

Le 21 mars 2002 DM, mon chef d’équipe, est venu me voir à environ 16 h et m’a demandé si tout allait bien. J’ai dit oui. Il a demandé si j’étais sur. Il m’a dit tout le monde ici a remarqué que tu n’as pas le moral et que ça nuit à ton travail. D a dit qu’il était plus qu’un chef d’équipe. Qu’il était également un conseiller et que c’est la raison pour laquelle il était là. J’ai dit que tout allait bien. Il m’a demandé si tout allait bien à la maison. J’ai dit oui. Il m’a demandé si j’étais sûr, par deux fois. Il m’a dit que si tout allait bien, je devrais faire deux fois plus de travail. Je t’ai déjà vu travailler, et d’habitude tu travailles plus vite. Il m’a demandé combien de raidisseurs j’avais fait ce jour là. Je lui ai dit 22. Il m’a dit que je devrais en faire 4 par heure. J’en ai fini 34 à la fin du quart. Je n’en ai jamais fait plus de 34 pendant un quart de onze heures. Je travaille comme j’ai toujours travaillé. Je travaille comme ajusteur depuis deux ans et je ne suis pas classé ajusteur de première classe. Je suis un ajusteur de troisième classe. J’ai dit à D que j’essaierais d’en faire 44, mais je ne crois pas que je puisse faire 44 raidisseurs en un quart de onze heures.

Le 22 mars 2002, D est venu me voir sur le chemin des toilettes et m’a fait signe de venir au milieu de l’atelier. Il a dit qu’apparemment j’avais affiché un document non officiel sur le bâtiment de l’horloge. D a dit c’est pas moi qui le dit. Ca vient de JJ. Si tu as un problème à ce sujet, il faut le régler avec lui. A ce moment là il m’a tendu l’avis de sanction (corrective action notice) et m’a demandé de le signer. Je lui ai dit que je ne le signerais pas et que j’allais voir J. D a dit OK et s’est éloigné rapidement.

Je suis retourné travailler et j’ai vu J Jones arriver dans un camion de la compagnie. J est sorti du camion et m’a dit de venir là où il se tenait. J a dit qu’il allait m’emmener dans le bureau en façade pour parler à DG. Nous avons roulé vers le bâtiment des Ressources Humaines. J a dit je leur ai dit que tu es un bon salarié et que je n’ai jamais eu de problèmes avec toi. J’ai demandé qui était DG et j’ai demandé quel était exactement son poste. J a dit que D était le Directeur des Ressources Humaines. J’ai demandé s’il était du côté de la Direction ou du personnel. J a dit les deux. J’ai demandé à J si D était la personne que je devais voir en cas de problème sur le chantier. J a dit que D s’occupait de ce genre de choses. J’ai demandé à J quand D était venu pour la dernière fois sur le chantier où nous travaillons. J a dit que D sort de temps en temps. J a dit que ce n’était pas un mauvais type.

Je suis entré dans le bureau de D et j’ai demandé à D comment il allait. D m’a dit de m’asseoir parce-que nous avions un problème. Je me suis assis et je lui ai demandé de quoi il s’agissait. D a dit que j’avais apposé un affichage non officiel dans le bâtiment de l’horloge.

D a dit que j’avais un eu un avertissement oral en avril dernier pour travail insuffisant. D a dit si tu as un autre incident dans les 12 mois, cet incident doit faire l’objet d’un avertissement écrit.

Il a dit c’est ce qui t’arrive aujourd’hui. Je lui ai demandé "et si j’avais mis une affiche tous les jours". Il m’a dit que ça aurait accéléré le processus très rapidement. Tu es à deux doigts d’être licencié maintenant. Je lui ai demandé si on avait le droit d’afficher dans le bâtiment de l’horloge. D a dit que le bâtiment était pour les informations officielles seulement. Je lui ai dit que quand j’avais affiché quelqu’un d’autre vendait des jantes de camion. Il m’a dit qu’il n’avait pas vu cet affichage. Je lui ai dit que les gens avaient toujours affiché des trucs là-dedans et que personne n’avait rien dit jusque là. Il a dit que personne n’avait jamais fait ça.

Je lui ai demandé pourquoi il ne sortait pas et qu’il n’allait pas mettre un avertissement à tous ceux qui avaient mis une affiche dans le bâtiment de l’horloge au cours des cinq dernières années. Je lui ai demandé quand il était entré pour la dernière fois dans ce bâtiment. Il m’a dit qu’il y était allé de temps en temps. Je lui ai demandé s’il avait demandé au gardien s’il avait déjà vu d’autres affichages. Il m’a dit que personne ne l’avait jamais fait. Il m’a dit que j’avais lu le manuel, que je l’avais compris et que je l’avais signé. Que je connaissais les règles et que j’aurais dû savoir à quoi m’en tenir. J’ai dit qu’il y avait d’autres endroits où aller en dehors de Gulf Marine. Je lui ai dit qu’il ne voulait pas que les gens qualifiés quittent la compagnie. Je lui ai dit que je m’étais toujours efforcé de bien faire mon travail pour le bien de la compagnie. Je lui ai dit que l’attitude des chantiers était ridicule. Je lui ai dit que nous manquions de personnel professionnel et que s’ils continuaient comme ça ils n’auraient plus d’entreprise.

D a dit que tout allait bien et m’a demandé de signer l’avertissement écrit. J’ai dit que je ne signerai pas parce que c’était injuste. Il a dit qu’il pouvait le signer pour moi. J’ai dit pourquoi est-ce que je ne retourne pas travailler et comme ça on arrêtera de tous perdre notre temps. Je me suis levé et j’ai commencé à sortir. D m’a demandé si je voulais qu’il signe l’avertissement.

J’ai dit qu’il n’avait qu’à le tamponner et que je reviendrai le lire plus tard.

Je suis retourné sur le chantier et LR hochait la tête et riait et il m’a demandé si j’avais un avertissement écrit. Je lui ai demandé qui le lui avait dit. Il a dit qu’il n’était pas autorisé à me le dire. J’ai repris mon travail.

J’ai relu la déclaration ci-dessus qui se compose de quatre pages dactylographiées et je déclare qu’elle est exacte et sincère.

Joseph Comeau

Michael Krivosh

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