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15 avril 2002
Hygiène et sécurité du travail à Gulf Marine FabricatorsContexte : Hygiène et sécurité du travail aux Etats Unis
L’OSHA étant en sous-effectif, on ne compte qu’environ 6000 inspecteurs pour 2,5 millions de lieux de travail. Afin de se concentrer sur les entreprises commettant le plus d’infractions, l’OSHA attribue aux entreprises les plus sûres la mention "Star Site". Avoir obtenu la mention "Star Site" signifie pour une entreprise qu’elle n’est plus soumise aux visites d’inspection régulières de l’OSHA ; les inspecteurs de l’OSHA ne viennent qu’en cas de catastrophes ou d’accidents graves. Toutefois, l’entreprise doit maintenir son taux d’accident devant faire l’objet d’une déclaration en dessous d’un certain seuil. En absence de crainte d’une inspection de l’OSHA, et désireuses de se présenter aux clients comme respectueuses des règles de sécurité, les entreprises ont toute latitude de minimiser le nombre et la gravité des accidents du travail, ainsi que la durée d’incapacité en résultant, et donc d’enfreindre la loi. Ce qui suit est le résumé partiel des infractions en matière d’hygiène et de sécurité s’appuyant sur des preuves matérielles relevées par le Syndicat SWAT (Shipyard Workers and Allied Trades) dans la filiales de TECHNIP-COFLEXIP, Gulf Marine Fabricators à Aransas Pass, Texas. Infractions concernant la tenue du registre d’accidentsL’OSHA exige que les employeurs garde une trace matérielle de tous les accidents et maladies du travail. Cette obligation s’effectue sous la forme de la tenue de registres OSHA 200. L’entreprise est tenue d’y mentionner la nature de la blessure ou de la maladie, le temps d’incapacité au travail, et le temps durant lequel le salarié reprend le travail à un poste allégé. L’OSHA traite avec fermeté les infractions dans la tenue de ces registres. Dans le cas des chantiers de construction navale Avondale, les manquements dans l’enregistrement de blessures physique ont compté pour 200 000 dollars dans le montant record de plus de 600 000 dollars d’amende auxquels ils furent condamnés. En moins de deux mois, le SWAT indique avoir rassemblé les preuves matérielles concernant les infractions suivantes dans la tenue des registres OSHA chez Gulf Marine Fabricators :
Le SWAT a la conviction que cela n’est qu’un aperçu partiel des infractions dans le tenue des registres OSHA 200 à Gulf Marine Fabricators. Cette liste continue de s’allonger à mesure que les salariés font état de blessures dont ils ont été victime auprès du Syndicat et qu’ils rapportent le cas d’autres salariés blessés. Autres violations des règlements de l’OSHA
Ci-après sont décrites les conditions d’insécurité sur les yards dont témoignent les salariés. Le SWAT pense qu’elles constitueraient des infractions aux règlements de l’OSHA. Formation sur dangers des produits chimiques Les soudeurs utilisent de la craie, du fil métallique et des bombes aérosols ayant tous des étiquette préventives concernant leurs composants. Les peintres utilisent des peintures, des solvants, etc qui contiennent des produits chimiques dangereux. Malgré cela, aucune information écrite n’est mise à la disposition des salariés sur ces produits chimique et leurs effets : Pas de spécification sécurité de produits (Material Safety Data Sheets - MSDS), Pas de formation des salariés sur les dangers dus aux produits chimiques auxquels ils sont exposés. Exercices d’intervention en cas d’urgence ou d’incendie Les salariés témoignent avoir reçu des instructions verbales sur comment intervenir en cas de petit feu, à l’aide de couvertures anti-feu et d’extincteurs. Aucun d’entre eux ne fait état d’exercices conséquents concernant les mesures à prendre en cas d’incendie important ou de situation d’urgence, par exemple le basculement d’une jacket ou d’un deck. Les surveillants incendie n’auraint pas d’extincteurs, et dans bien des cas ils n’auraient pas d’accès facile à ceux-ci. De plus, l’entreprise assignrait les salariés blessés à la surveillance incendie, même s’ils sont dans l’incapacité d’accomplir les tâches qui y sont associées. Sanitaires Les toilettes, en particulier sur le site de construction, sont dans un état de saleté déplorable et bien souvent sans éclairage. En cas d’avarie des conduites d’eau du yard, les salariés sont maintenus à leur poste de travail en dépit de l’absence d’eau pour les toilettes ou pour se laver. Travail au-dessus de l’eau Les ouvriers indiquent qu’ils ne sont pas tenus de porter des gilets de sauvetage quand ils travaillent sur les barges, les navires et les structures qui reposent sur l’eau à quai. Eclairage Les ouvriers indiquent que dans le nouveau et dans l’ancien atelier de fabrication, les ampoules électriques sont sans protection. Dans le nouvel atelier, les vibrations engendrées par le fonctionnement du pont roulant seraient telles que les ampoules tombent sur les ouvriers. Dans les réunions de sécurité, les salariés s’en sont plaint à plusieurs reprise. Travail en hauteur et protection contre les chutes Quand ils travaillent en hauteur, les ouvriers s’accrochent à ce qu’ils appellent des "pad eyes", qui sont des tiges filetées provisoires qu’ils soudent sur les flancs des structures. Quand ils doivent se déplacer, ils sont fréquemment amenés à se décrocher, pour aller sans protection contre la chute à l’endroit requis, où ils soudent un "pad eye", avant de s’accrocher à nouveau. Les ouvriers doivent avoir une protection contre la chute, dès lors qu’ils travaillent à une hauteur de plus d’ 1,80 m (6 pieds). Malgré cela, quand ils travaillent sur des petites structures sur lesquelles il est difficile de s’accrocher, aucune protection contre la chute n’est utilisée. Les ouvriers indiquent qu’ils sont fréquemment hissés en grande hauteur dans des conditions extérieures dangereuses, telles que vent importants, foudre, etc. A cela s’ajoute le fait que durant ces périodes, des éléments de construction tels que des tubes etc., sont déplacés à proximité des ouvriers travaillant à grande hauteur. Les barges arrimées à quai n’ont pas de rambardes de sécurité ou autre dispositif empêchant les chutes à l’eau et des gilets de sauvetage ne seraient pas fournis. Signalisation Les ouvriers indiquent que la signalisation n’est pas en bilingue anglais/espagnol, en dépit du fait que 25 à 30 % des salariés ne parle que l’espagnol. Ils indiquent qu’il n’y a pas de signalisation matérialisant les zones closes ou confinées qui sont dangereuses pour les travaux à la "hot work". Travail dans des espaces clos ou confinés Les ouvriers indiquent que les espaces clos ou confinés ne sont pas ventilés avant de commencer des travaux. Exemple : Au mois de janvier de cette année, des ouvriers effectuaient des travaux de soudage à l’intérieur d’une barge. Ils indiquent que leurs câbles électriques pour le soudage et l’éclairage reposaient sur le sol dans l’eau et la boue. Les lampes d’éclairage avaient un fonctionnement intermittent, et les ouvriers recevaient de petites décharges électriques. L’espace n’avait pas été ventilé avant les travaux. Appareils respiratoires autonomes/masques Selon les ouvriers, les seules protections respiratoires mises à la disposition des salariés, à l’exception des peintres, sont des masques (Marque : 3M référence 8210 N-95 Particulate, numéro d’approbation.42CFR84). Ces masques sont en papier, et il est clairement spécifié qu’ils ne sont pas efficaces contre les peintures, les liquides pulvérisés, les lubrifiants en aérosol, les gaz, les vapeurs, l’amiante et le particules de sablage. Les ouvriers soudent sur des parties métalliques qui ont été peintes, revêtue d’une couche de primaire, galvanisées, etc. Les ouvriers coupent également de la fibre de verre en utilisant ces masques. En dépit de demandes et de plaintes réitérées, ils indiquent qu’il n’est pas mis d’appareils respiratoires autonomes à la dispositions des salariés pour ce type de travaux. Grues Les ouvriers indiquent qu’il n’y a pas de protection sur les arbres d’entraînement des grues. Récemment, un accident grave s’est produit quand un mécanicien de maintenance travaillant seul de nuit a eu son harnais de sûreté happé par l’arbre d’entraînement d’une grue. Il a été entraîné contre l’arbre, et est resté suspendu perdant du sang pendant environ 30 à 45 minutes avant d’être découvert. Le nouveau règlement applicable aux constructions métalliques impose une inspection complète de chaque grue à chaque changement d’équipe. Infractions à caractère général La liste de ces témoignages est longue :
Autres problèmes d’hygiène et de sécurité constatés par la délégation
Ci-après sont listés les problèmes ayant trait à l’hygiène et à la sécurité sur les Yards de Gulf Marine Fabricators, tels qu’ils ressortent des témoignages entendus par la délégation lors de sa visite du 1er au 5 avril 2002. Ces problèmes ne constitueraient pas a-priori des infractions aux règlements de l’OSHA.
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