Contact

Recherche

Plan du site

 
  Version imprimable Version imprimable
Dans cette rubrique

Notre but
15 avril 2002

Information sur la délégation et son planning
15 avril 2002

GULF MARINE FABRICATORS : Contexte économique
15 avril 2002

Témoignages d’ouvriers sur les conditions de sécurité et de travail
15 avril 2002

Meeting organisé par le SWAT le mercredi 3 avril 2002
15 avril 2002

Campagne d’organisation du syndicat
15 avril 2002

Carte d’autorisation (modèle)
15 avril 2002

La Louisiane antisyndicale et la victoire d’Avondale
15 avril 2002

Violations du National Labor Relations Act à GULF MARINE FABRICATORS
15 avril 2002

Discours de Brinson Miles au personnel de GULF MARINE FABRICATORS
15 avril 2002

Salarié licencié pour opinion sous un prétexte grossier : Joe SOTO
15 avril 2002

Salarie sanctionné pour affichage OIT - Joe COMEAU
15 avril 2002

Témoignage de soutien à Joe SOTO et Joe COMEAU
15 avril 2002

Remarques sur la sécurité à Gulf Marine Fabricators
15 avril 2002

Interview d’un ouvrier victime d’un grave accident du travail
15 avril 2002

 

Un mois après le départ de TECHNIP de la tour CB3, des travaux de désamiantage y sont lancés. Pourquoi ?
14 août 2003


Tous les articles sur le thème : sécurité
 

15 avril 2002

Hygiène et sécurité du travail à Gulf Marine Fabricators

Contexte : Hygiène et sécurité du travail aux Etats Unis

osha star (GIF) L’agence gouvernementale chargée de s’assurer que les travailleurs américains travaillent dans des conditions correctes d’hygiène et de sécurité est l’OSHA (Occupational Safety and Health Administration) qui est une Division du Department of Labor (équivalent du Ministère du Travail). L’OSHA a des spécifications strictes en matière de sécurité, spécialement dans l’industrie lourde.

L’OSHA étant en sous-effectif, on ne compte qu’environ 6000 inspecteurs pour 2,5 millions de lieux de travail. Afin de se concentrer sur les entreprises commettant le plus d’infractions, l’OSHA attribue aux entreprises les plus sûres la mention "Star Site". Avoir obtenu la mention "Star Site" signifie pour une entreprise qu’elle n’est plus soumise aux visites d’inspection régulières de l’OSHA ; les inspecteurs de l’OSHA ne viennent qu’en cas de catastrophes ou d’accidents graves. Toutefois, l’entreprise doit maintenir son taux d’accident devant faire l’objet d’une déclaration en dessous d’un certain seuil. En absence de crainte d’une inspection de l’OSHA, et désireuses de se présenter aux clients comme respectueuses des règles de sécurité, les entreprises ont toute latitude de minimiser le nombre et la gravité des accidents du travail, ainsi que la durée d’incapacité en résultant, et donc d’enfreindre la loi.

Ce qui suit est le résumé partiel des infractions en matière d’hygiène et de sécurité s’appuyant sur des preuves matérielles relevées par le Syndicat SWAT (Shipyard Workers and Allied Trades) dans la filiales de TECHNIP-COFLEXIP, Gulf Marine Fabricators à Aransas Pass, Texas.

Infractions concernant la tenue du registre d’accidents

L’OSHA exige que les employeurs garde une trace matérielle de tous les accidents et maladies du travail. Cette obligation s’effectue sous la forme de la tenue de registres OSHA 200. L’entreprise est tenue d’y mentionner la nature de la blessure ou de la maladie, le temps d’incapacité au travail, et le temps durant lequel le salarié reprend le travail à un poste allégé. L’OSHA traite avec fermeté les infractions dans la tenue de ces registres. Dans le cas des chantiers de construction navale Avondale, les manquements dans l’enregistrement de blessures physique ont compté pour 200 000 dollars dans le montant record de plus de 600 000 dollars d’amende auxquels ils furent condamnés.

En moins de deux mois, le SWAT indique avoir rassemblé les preuves matérielles concernant les infractions suivantes dans la tenue des registres OSHA chez Gulf Marine Fabricators :

-  Dix blessures physiques n’auraient jamais été déclarées. La plupart de ces blessures sont extrêmement graves et plusieurs laissent les salariés avec une invalidité partielle permanente.

-  Cinq blessures physiques auraient été enregistrées de façon incorrecte, en se qui concerne soit la durée d’incapacité à reprendre le travail, soit la durée de reprise à un poste allégé.

Le SWAT a la conviction que cela n’est qu’un aperçu partiel des infractions dans le tenue des registres OSHA 200 à Gulf Marine Fabricators. Cette liste continue de s’allonger à mesure que les salariés font état de blessures dont ils ont été victime auprès du Syndicat et qu’ils rapportent le cas d’autres salariés blessés.

Autres violations des règlements de l’OSHA

Ci-après sont décrites les conditions d’insécurité sur les yards dont témoignent les salariés. Le SWAT pense qu’elles constitueraient des infractions aux règlements de l’OSHA.

Formation sur dangers des produits chimiques

Les soudeurs utilisent de la craie, du fil métallique et des bombes aérosols ayant tous des étiquette préventives concernant leurs composants. Les peintres utilisent des peintures, des solvants, etc qui contiennent des produits chimiques dangereux. Malgré cela, aucune information écrite n’est mise à la disposition des salariés sur ces produits chimique et leurs effets :

Pas de spécification sécurité de produits (Material Safety Data Sheets - MSDS),

Pas de formation des salariés sur les dangers dus aux produits chimiques auxquels ils sont exposés.

Exercices d’intervention en cas d’urgence ou d’incendie

Les salariés témoignent avoir reçu des instructions verbales sur comment intervenir en cas de petit feu, à l’aide de couvertures anti-feu et d’extincteurs. Aucun d’entre eux ne fait état d’exercices conséquents concernant les mesures à prendre en cas d’incendie important ou de situation d’urgence, par exemple le basculement d’une jacket ou d’un deck.

Les surveillants incendie n’auraint pas d’extincteurs, et dans bien des cas ils n’auraient pas d’accès facile à ceux-ci. De plus, l’entreprise assignrait les salariés blessés à la surveillance incendie, même s’ils sont dans l’incapacité d’accomplir les tâches qui y sont associées.

Sanitaires

Les toilettes, en particulier sur le site de construction, sont dans un état de saleté déplorable et bien souvent sans éclairage.

En cas d’avarie des conduites d’eau du yard, les salariés sont maintenus à leur poste de travail en dépit de l’absence d’eau pour les toilettes ou pour se laver.

Travail au-dessus de l’eau

Les ouvriers indiquent qu’ils ne sont pas tenus de porter des gilets de sauvetage quand ils travaillent sur les barges, les navires et les structures qui reposent sur l’eau à quai.

Eclairage

Les ouvriers indiquent que dans le nouveau et dans l’ancien atelier de fabrication, les ampoules électriques sont sans protection. Dans le nouvel atelier, les vibrations engendrées par le fonctionnement du pont roulant seraient telles que les ampoules tombent sur les ouvriers. Dans les réunions de sécurité, les salariés s’en sont plaint à plusieurs reprise.

Travail en hauteur et protection contre les chutes

Quand ils travaillent en hauteur, les ouvriers s’accrochent à ce qu’ils appellent des "pad eyes", qui sont des tiges filetées provisoires qu’ils soudent sur les flancs des structures. Quand ils doivent se déplacer, ils sont fréquemment amenés à se décrocher, pour aller sans protection contre la chute à l’endroit requis, où ils soudent un "pad eye", avant de s’accrocher à nouveau.

Les ouvriers doivent avoir une protection contre la chute, dès lors qu’ils travaillent à une hauteur de plus d’ 1,80 m (6 pieds). Malgré cela, quand ils travaillent sur des petites structures sur lesquelles il est difficile de s’accrocher, aucune protection contre la chute n’est utilisée.

Les ouvriers indiquent qu’ils sont fréquemment hissés en grande hauteur dans des conditions extérieures dangereuses, telles que vent importants, foudre, etc.

A cela s’ajoute le fait que durant ces périodes, des éléments de construction tels que des tubes etc., sont déplacés à proximité des ouvriers travaillant à grande hauteur.

Les barges arrimées à quai n’ont pas de rambardes de sécurité ou autre dispositif empêchant les chutes à l’eau et des gilets de sauvetage ne seraient pas fournis.

Signalisation

Les ouvriers indiquent que la signalisation n’est pas en bilingue anglais/espagnol, en dépit du fait que 25 à 30 % des salariés ne parle que l’espagnol.

Ils indiquent qu’il n’y a pas de signalisation matérialisant les zones closes ou confinées qui sont dangereuses pour les travaux à la "hot work".

Travail dans des espaces clos ou confinés

Les ouvriers indiquent que les espaces clos ou confinés ne sont pas ventilés avant de commencer des travaux.

Exemple : Au mois de janvier de cette année, des ouvriers effectuaient des travaux de soudage à l’intérieur d’une barge. Ils indiquent que leurs câbles électriques pour le soudage et l’éclairage reposaient sur le sol dans l’eau et la boue. Les lampes d’éclairage avaient un fonctionnement intermittent, et les ouvriers recevaient de petites décharges électriques. L’espace n’avait pas été ventilé avant les travaux.

Appareils respiratoires autonomes/masques

Selon les ouvriers, les seules protections respiratoires mises à la disposition des salariés, à l’exception des peintres, sont des masques (Marque : 3M référence 8210 N-95 Particulate, numéro d’approbation.42CFR84).

Ces masques sont en papier, et il est clairement spécifié qu’ils ne sont pas efficaces contre les peintures, les liquides pulvérisés, les lubrifiants en aérosol, les gaz, les vapeurs, l’amiante et le particules de sablage.

Les ouvriers soudent sur des parties métalliques qui ont été peintes, revêtue d’une couche de primaire, galvanisées, etc. Les ouvriers coupent également de la fibre de verre en utilisant ces masques. En dépit de demandes et de plaintes réitérées, ils indiquent qu’il n’est pas mis d’appareils respiratoires autonomes à la dispositions des salariés pour ce type de travaux.

Grues

Les ouvriers indiquent qu’il n’y a pas de protection sur les arbres d’entraînement des grues. Récemment, un accident grave s’est produit quand un mécanicien de maintenance travaillant seul de nuit a eu son harnais de sûreté happé par l’arbre d’entraînement d’une grue. Il a été entraîné contre l’arbre, et est resté suspendu perdant du sang pendant environ 30 à 45 minutes avant d’être découvert.

Le nouveau règlement applicable aux constructions métalliques impose une inspection complète de chaque grue à chaque changement d’équipe.

Infractions à caractère général

La liste de ces témoignages est longue :

-  Gulf Marine a refusé de communiquer l’intégralité du registre OSHA 200 sur 5 ans à un salarié qui en faisait la demande. L’entreprise lui a répondu qu’il ne pouvait y prétendre n’ayant été employé que 4 années sur les 5 en question.

-  Les ouvriers utilisent des lunettes de protection dépourvues de protections latérales.

-  Les salariés victimes de blessures doivent se rendre à l’infirmerie de chaque yard afin d’y recevoir des soins.

-  Les soudeurs et les peintres travaillent fréquemment dans une proximité dangereuse. Les ouvriers effectuent fréquemment des travaux "hot work" avec des vêtements couverts de peinture, de solvant, d’huile etc.

-  Les connexions des câbles des postes à souder sont parfois de trop faible résistance mécanique. Ils se rompent fréquemment, parfois simplement sous leur propre poids. De telles avaries ont entraîné de graves blessures.

-  Les câbles et les rallonges électriques courent bien souvent à même le sol, créant à la fois des obstacles dangereux sur le passage et des risques d’électrocution. Ces câbles sont fréquemment dans la boue, exposés à la pluie. Les ouvriers marchent dessus et les échafaudages mobiles roulent sur ces câbles.

-  Les ouvriers travaillant dans les espaces confinés ne sont pas équipé de talkies-walkies ou d’autres moyen de communiquer avec l’extérieur pour demander de l’aide.

-  Les échafaudages ne sont pas équilibrés avant d’être montés.

Autres problèmes d’hygiène et de sécurité constatés par la délégation

Ci-après sont listés les problèmes ayant trait à l’hygiène et à la sécurité sur les Yards de Gulf Marine Fabricators, tels qu’ils ressortent des témoignages entendus par la délégation lors de sa visite du 1er au 5 avril 2002. Ces problèmes ne constitueraient pas a-priori des infractions aux règlements de l’OSHA.

-  Il n’y a pas de médecin du travail présent, malgré un effectif de plus de 650 personnes dont la plupart effectue un travail dangereux. Par le passé, un médecin effectuait 3 visites par semaines. Ce n’est plus le cas depuis plus de 6 mois. Les visites d’aptitudes ont lieu chez un médecin extérieur à l’entreprise.

-  Il n’y pas de personnel infirmier présent sur le site.

-  Les soins sont dispensés par du personnel de l’entreprise titulaires de l’équivalent d’un brevet de secouriste (EMT, Emergency Medical Technician).

-  Il n’est pas diffusé de manuel de sécurité au personnel, que cela soit en anglais ou en espagnol. Certains salariés ont conservé un ancien livret datant de la période Aker, dans lequel figuraient quelques consignes de sécurité parmi les informations d’ordre général.

-  Les salariés ne bénéficient ni de douches, ni de vestiaires pour changer de vêtement après leur journée de travail.

-  Les salariés de la construction et de la fabrication ne disposent que d’une demi-heure de pause de repas. Il n’y a pas de cantine, ni de local aménagé. Les salariés mangent la nourriture qu’ils ont eux même apportée sur le lieu de travail. Ils sont contraints de réchauffer leur repas avec du matériel de fortune. En cas de mauvais temps, les ouvriers s’abritent comme ils peuvent, dans un container désaffecté etc. A noter que le personnel travaillant dans les bureaux disposent de distributeurs de boisson et de sandwichs.

Haut

Pour nous contacter par e-mail : contact@cgttp.eu.org
Ce site est réalisé sous SPIP et utilise PHP et mySQL sous license GNU/GPL.
Le Syndicat UGICT CGT TECHNIP est membre du
Réseau Associatif et Syndical (R@S) qui héberge ce site.
Fil RSS Fil RSS