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15 avril 2002
Remarques sur la sécurité à Gulf Marine Fabricators
Comme nous, le SWAT pensait avant tout enquêter sur les violations du droit du travail mais comme nous il a constaté le discours prioritaire du personnel : ils veulent un syndicat avant tout pour ne plus risquer leur peau chaque jour en allant au travail. Une enquête est en cours sur les manquements aux règles de l’OSHA (Occupational Safety and Health Administration). Voici des remarques préliminaires à confirmer, et qui dans ce cas feraient l’objet de plaintes :
Les rapports sur les accidents du travail sont gardés pendant cinq ans. Le SWAT s’est aperçu qu’ils ne marquaient pas certains accidents sur les relevés OSHA (OSHA logs). Nous avons été chez des personnes, et nous avons vérifié sur les rapports (logs) : les noms n’y figuraient pas. Beaucoup ont signé des déclaration, certains sont des salariés qui ont été licenciés ou qui ont démissionné. Certains travaillent encore dans l’entreprise. Soit la direction avait mentionné incorrectement la durée de l’arrêt de travail, soit elle avait mentionné incorrectement le type d’accident. Il y a des accidents graves qui ne sont pas mentionnés du tout. Les maladies professionnelles, il n’y a qu’un seul cas rapporté en quatre ans. Par exemple pour une personne ayant eu trois vertèbres écrasées et un problème au coude, la personne a eu des massages du dos, pas de radio. Un autre a eu le doigt écrasé par une poutre. Il l’a signalé à la Sécurité. Il n’a pas eu de radio. On lui a dit, c’est une contusion et on lui a fait un bandage. Il n’a rien dit. Il faut dire que toutes les personnes licenciées l’année dernière avaient eu un accident. Il a été au travail pendant cinq semaines. Il avait le bras noir. Il s’est plaint. On l’a envoyé voir le médecin extérieur. Il a eu quatre opérations, il avait de la gangrène. On lui a retiré l’os du doigt et on lui a mis une prothèse. Si le salarié accepte un dédommagement, il ne peut plus aller en justice. Quand on prend un avocat au Texas, il prend 25 % de ce qu’on peut obtenir. Avec un syndicat, on est représenté gratuitement et on est payé deux ans en arrêt de travail, et l’emploi est protégé. Celui qui a cent jours d’arrêt, ils peuvent le licencier. T appelle à domicile et dit que si le salarié ne revient pas, il sera licencié. Une personne qui a eu un accident, sous le moindre prétexte elle est licenciée. Par exemple quelqu’un qui téléphone pour dire qu’il a un problème grave et ne peut pas venir, on dit qu’il n’a pas téléphoné et il est licencié.
Les gens qui reviennent en travail allégé (light duty) font un travail différent : s’ils sont bien vu, ils classent des papiers, s’ils sont latinos, ils ramassent les déchets.
Les patrons doivent informer sur les dangers des produits chimiques. Ce n’est carrément pas fait. Les fiches produit (material safety data sheets) ne sont pas mises à disposition (c’est normalement un dossier de fiches mis à disposition dans un local commun). Certaines personnes exposées ne sont pas informées. Les affichages sur les dangers ne sont pas en espagnol.
Ils ne sont pas formés. Si un bâtiment prend feu par exemple. Ils apprennent seulement les petits feux : au lieu d’un extincteur ils n’ont qu’une couverture. Ils ne savent pas quoi faire en cas d’accident majeur, il n’y a pas de procédure.
Les sanitaires sont dans un état abominable, et, si le tuyau est en panne, sans chasse d’eau.
Samedi dernier il y a eu du vent à 50 miles à l’heure (80 km/h) pour la première fois de l’année ils ont été renvoyés chez eux à cause du vent.
Les grues sont abimées. Ils disent aux ouvriers "fais vite" et quand pour aller vite les ouvriers prennent des risques, ils regardent ailleurs. Ils utilisent des ouvriers qui ne sont pas formés. Ils omettent de souder la pièce pour fixer le harnais. A six pieds (2 m) il faut une protection contre les chutes, mais ils se déplacent sans être attachés.
C’est une violation grave de la loi que de ne pas rapporter un accident du travail.

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