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18 novembre 2008


Questions posées par les Délégués du Personnel UGICT CGT
3 novembre 2008


Questions posées par les Délégués du Personnel UGICT CGT
8 octobre 2008


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Révisions individuelles 2008
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GULF MARINE FABRICATORS : Contexte économique
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Tract unitaire CFDT, UGICT CGT
Pour une politique de plein emploi
3 décembre 2004


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4 août 2005

Les salariés veulent responsabiliser les groupes

Article paru dans l’Humanité du 3 août 2005


-  BNP-Paribas
« Régime sec pour les salariés »
Marc Cohen-Solal, syndicaliste CGT.

« Les résultats semestriels du groupe qui doivent tomber ce mercredi matin vont, selon toute vraisemblance, suivre la tendance de 2004. L’an dernier, le résultat net a été fixé à 4,6 milliards d’euros, soit une hausse de 24 % par rapport à 2003. Ainsi, entre les dividendes versés et les opérations de rachat de titres, les actionnaires ont coûté l’équivalent de 45 000 euros par salarié du groupe ! La direction se gausse en prétendant que tout le monde y trouve son compte. Mais, bien entendu, c’est faux ! Depuis quelques années, chaque client est de plus en plus mesuré en fonction de la rentabilité qu’il peut procurer. Dans ce cadre, les commerciaux de la BNP sont incités, par des mesures frôlant le harcèlement, à refourguer un maximum de produits : les clients se voient proposer des packages volumineux, alors que bien souvent ils n’ont besoin que d’un ou deux produits du lot.

Concernant les salariés, c’est le régime sec ! Pour la première fois, aucune augmentation générale n’est prévue pour 2005. En fait, la politique est à l’individualisation des rémunérations et au développement des rémunérations aléatoires. Or un salarié qui ne reçoit pas d’augmentation personnelle voit son pouvoir d’achat diminuer. Depuis l’an 2000 une nouvelle convention collective a vu le jour, beaucoup moins protectrice que la précédente, qui autorise entre autres le développement du travail précaire. La sécurité de l’emploi se retrouve de fait menacée. Parallèlement, les dirigeants s’auto-augmentent dans des proportions faramineuses. Pour 2004, le président Michel Pebereau s’est octroyé 1,925 million d’euros... »

-  Technip
« Le renforcement de la logique d’externalisation »
Yann Le Vot, représentant syndical CGT au comité européen du groupe.

« Par rapport au premier semestre 2004, la valeur de l’action a augmenté de 15,6 %. Or ces bons résultats financiers du groupe, spécialisé dans les technologies et l’ingéniérie de pétrochimie, s’expliquent par des pratiques pas très glorieuses. Avec le remplacement du directeur général de Technip France, la direction générale a montré clairement sa volonté de renforcer une logique d’externalisation. Pour les études de détail, par exemple, Technip fait désormais appel à des bureaux basés en Asie, en Inde notamment, dans lesquels le personnel possède moins de garanties sociales et salariales qu’en France. Parallèlement, lorsque des clients pétroliers s’adressent à Technip pour des achats matériels, la logique appliquée pour la sélection des fabricants est irrémédiablement celle du moins-disant. Mais c’est surtout en jouant sur le volet fiscal que Technip dégage le plus de marges. Parfois, après coup, le groupe s’arrange pour faire attribuer l’affaire dans un pays où la fiscalité est faible, donc intéressante. Il arrive même que des sociétés offshore soient créées pour réaliser un contrat. Bien entendu, cette spéculation sur les monnaies, la fiscalité et la revente de matériel s’accompagne parallèlement d’une politique salariale au rabais. En France, la société est composée à hauteur de 75 % par des cadres qui, depuis quatre ans, ne perçoivent plus d’augmentation générale. Et ce malgré des résultats financiers en progression constante ! »

-  Renault
« Craintes sur la pérennité »
Philippe Noël, délégué central CGT.

Certes les résultats de Renault sont bons. Mais ils cachent des difficultés peut-être plus importantes. Philippe Noël parle même de « trompe-l’oeil ». Sur les 2,21 milliards d’euros de bénéfices, 1,36 milliard proviennent de la filiale Nissan dont un tiers provient un transfert des retraites vers l’État japonais, « au bon moment », précise-t-il ironiquement. Les performances de ce premier semestre ne « s’appuient pas sur la production industrielle française ». Les ventes hors Dacia et Samsung sont en très légère baisse. C’est grâce aux « réductions des coûts » et au faible niveau de salaires en Roumanie et en Corée que l’entreprise surnage. Les conditions de travail ne se sont toujours pas améliorées et la CGT craint des cadences difficilement supportables en Roumanie si la Logan se vend bien. Sur le plan des salaires, rien de très satisfaisant non plus. Ils ne « sont pas renégociés depuis dix ans » et la direction emploierait des méthodes « digne du grand banditisme » quand il s’agit de se retrouver autour de la table. Les syndicats de Renault craignent pour l’avenir. Carlos Ghosn, le PDG, a fixé un objectif de 4 millions de véhicules vendus à l’horizon 2010. Objectif que Philippe Noël juge impossible à remplir étant donné le peu de moyens que Renault consacre à son renouvellement de gamme. « Nous avons peur d’un choix vers la croissance externe au détriment de la production française. »

-  France Télécom
« Des profits aux dépens des salariés »
Joëlle Roeye, secrétaire fédérale CGT Télécommunications.

Tout va bien pour France Télécom. Le groupe a publié ses résultats trimestriels. Hausse du chiffre d’affaires de 2,3 %, rentabilité en augmentation, diminution de la dette de 7,2 % pour atteindre 46,25 milliards d’euros et, enfin, accroissement des bénéfices de 240 %, soit 3,4 milliards d’euros. Selon Joëlle Roeye, ces bons résultats « montrent une progression » mais ils « sont acquis aux dépens des salariés », souligne-t-elle. La première explication serait la suppression de « 8 700 emplois dont 3 500 en France ». Pourtant, la direction prévoit la création de 1 800 emplois dans un avenir proche, mais, ce seront des temps partiels à « coller sur des horaires dont personne ne veut, surtout le soir et le week-end ». Deuxième explication de la bonne santé financière de France Télécom, le maintien « au pain sec en termes de salaire ». Les bonnes performances n’ont eu aucune répercussion sur les revalorisations salariales. La CGT réclame un treizième mois qui représenterait 268 millions d’euros, soit 7,8 % des résultats nets du premier semestre.

Les salariés paient encore le prix du rachat d’Orange en 2001, en pleine bulle Internet. Le plan TOP de Thierry Breton, alors PDG, destiné à réduire la dette de la société est mis en place. Il fonctionne bien, la dette diminue d’année en année. Mais pour Joëlle Roeye, « il est évident que ces résultats ont été faits au prix d’une grosse pression sur les salariés » avec notamment des coupes importantes dans les budgets de fonctionnement. Les syndicats redoutent une nouvelle « fuite en avant vers les fusions-acquisitions ». Le rachat récent du troisième opérateur de téléphonie mobile espagnol, Amena, pour 6,4 milliards d’euros fait peur. Financé par de nouvelles émissions d’actions, ce rachat engendre une nouvelle baisse des parts de l’État dans le groupe. De plus, certaines clauses sont potentiellement dangereuses, notamment celle visant à garantir aux détenteurs minoritaires d’Amena (20 %) la valeur de leurs actions quel que soit le cours de l’action France Télécom. La rentrée sociale s’annonce tendue. Les syndicats veulent ouvrir des négociations sur les salaires et le « contexte de précarisation »...

-  Alcatel
« En France, on est en plan social permanent »
Jean-Pierre Clavaud, délégué central CGT.

Les résultats semestriels d’Alcatel pour l’année 2005 ont été publiés récemment et affichent une hausse de 104 % sur le second trimestre pour le résultat net. Les revenus de l’entreprise sont passés de 2,899 milliards d’euros à 3,145 milliards d’euros sur cette même période. « C’est simple, en France nous sommes en plan social permanent », explique Jean-Pierre Clavaud, délégué CGT d’Alcatel. Le groupe a organisé des suppressions d’emplois surtout dans la main-d’oeuvre qualifiée. Sur les deux dernières années, la filiale française du groupe, Alcatel CIT, a congédié 2 500 salariés. Selon l’organisation syndicale, lorsque les finances sont au beau fixe, ce sont les salariés qui trinquent. Les mesures de délocalisation, de suppressions d’emplois et de baisses de salaires ne trouvent plus leur légitimité dans la peur du développement de pays comme la Chine ou les pays de l’Est.

Certains indicateurs révèlent une faille dans le discours de la direction du groupe. Pour le représentant CGT, l’analyse est intéressante et pertinente. Les pays qui ont vu leur chiffre d’affaires et leurs commandes augmenter sont les pays où le niveau de vie est élevé et où la main-d’oeuvre est « assez chère ». Pour Jean-Pierre Clavaud, l’explication est toute simple : pour pouvoir accéder à la marchandise que produit Alcatel il faut avoir un salaire en conséquence. Or, en Chine et dans les pays de l’Est, les salaires ne permettent pas aux salariés d’accéder à ces biens de consommation. Selon le délégué syndical, le discours sur les délocalisations et sur les questions d’économies drastiques, entretenu par la direction, est donc injustifié si l’on considère les résultats du groupe Alcatel.

-  Saint-Gobain
« Des profits sans vague et dans le dialogue »
Gabriel Miranda, coordinateur syndical CGT.

L’augmentation de 14 % des résultats nets de Saint-Gobain s’explique, selon Gabriel Miranda, par la politique d’acquisition du groupe. Saint-Gobain est devenu par sa stratégie d’achat le premier distributeur de matériaux de construction en Europe. Il est propriétaire de Point P, de Lapeyre et des équivalents en Angleterre et en Allemagne. Le représentant syndical explique que cette réussite « dépend des métiers historiques de l’entreprise ». L’autofinancement de Saint-Gobain provient essentiellement des filières historiques que sont le verre et la fonte. Selon Gabriel Miranda, « le poids du syndicat au sein du groupe joue aussi son rôle ». « Notre rôle est de rester vigilant quant aux investissements, ajoute-t-il. Ces investissements ne doivent pas s’opérer au détriment de l’emploi et des acquis sociaux. » Gabriel Miranda ajoute que « malgré le ralentissement économique que subit la France en ce moment, une entreprise qui investit dans le domaine industriel arrive encore à réaliser 14 % de bénéfices d’une année sur l’autre ». 70 % de ces investissements se produisent d’ailleurs dans les pays industrialisés de l’Europe occidentale. Les quelque 30 % investis en Asie sont effectués pour répondre à la demande locale, et non pour importer en Europe affirme le délégué syndical. Saint-Gobain emploie 52 000 salariés en France et 130 000 en Europe. Les opérations de modernisation du groupe se déroulent « sans vague et dans le dialogue », nous assure-t-il.

Propos recueillis par Christelle Chabaud, Maxime Mamet et Aurélia Said.

Article paru dans l’Humanité du 3 août 2005

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