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31 juillet 2002
Réunion du Comité de Groupe du 11 juillet 2002Les résultats positifs de la création du Groupe TECHNIP-COFLEXIP se font attendreLes membres représentants du Personnel de ce Comité de Groupe, anciennement TECHNIP, aujourd’hui TECHNIP-COFLEXIP sont des élus de TECHNIP FRANCE (2 UGICT CGT, 2 CGC, 2 CFDT). TECHNIP SERI est représenté par un suppléant UGICT CGT. Aucune autre entité du groupe n’est représentée. La Direction a indiqué en cours de réunion, en réponse à une question d’un représentant UGICT CGT, que l’intégration des représentants de COFLEXIP s’effectuerait après achèvement du mandat des élus actuels et que les membres actuels représentaient également leurs collègues de COFLEXIP le Trait et Boulogne. Cette réunion était présidée par Daniel VALOT. La Direction ne publie pas tous les P.V. des réunions du Comité de Groupe
A l’occasion de l’approbation de la réunion du 28 mai 2002 consacrée exclusivement à la désignation de l’expert, l’UGICT CGT a demandé pourquoi le PV de la réunion de juillet 2001 qui reprenait les engagements du Président dans le cadre du rapprochement TECHNIP/COFLEXIP n’avait pas été diffusé au Personnel. Tant le Secrétaire que la Direction sont restés évasifs. L’absence de réponse de la part de la Direction et du Secrétaire CGC laisse penser que ce tract est la seule information que vous recevrez sur la réunion 2002 du Comité de Groupe. Autosatisfaction pour le Président
Pour D. VALOT, l’année 2001 s’est déroulée dans un "environnement terne". Le Président est satisfait de la transformation fin janvier en obligations convertibles "Océane" de l’emprunt aux banques (dont le coût était de 3,5 %) dans le cadre du rachat de COFLEXIP. Il précise que les frais financiers sur ces 800 millions d’euros sont de 1 million d’euros par an sur près de 5 ans. 80 millions d’euros ont été payés en dividendes en 2001. Le Président a constaté un retard dans la mise en vigueur des contrats en 2001, mais considère que la prise de commandes au premier trimestre 2002 est exceptionnelle et que le backlog au 1er avril est "un backlog record". D. VALOT a rejeté l’idée de pertes au premier trimestre 2002. Il explique que pour l’achat de COFLEXIP, la valeur des actifs (bateaux, usines, etc...) a été prise en compte au prix du marché, ce qui donne la valeur comptable. La survaleur (goodwill ou écart d’acquisition) est la valeur du fonds de commerce qui s’ajoute à la valeur comptable des actifs. L’écart d’acquisition pour COFLEXIP est de 2,6 milliards d’euros. La règle comptable française exige de déprécier (amortissement) les survaleurs. Aussi chaque année, 120 millions d’euros de goodwill seront pris en compte selon les règles comptables françaises, d’où un résultat publié aux USA différent de celui publié en France, et positif, lui ! Ainsi, pour le premier trimestre 2002, s’il y a 13 millions d’euros de perte en France, aux USA au contraire TECHNIP-COFLEXIP a un bénéfice sur le premier trimestre 2002 de 16 millions d’euros. Mais pourquoi les marchés financiers n’ont-ils pas compris et pourquoi ont-ils réagi aussi négativement face à des explications aussi simples ?
Pour D. VALOT, cette règle de calcul comptable imposée en France n’a pas de conséquence pour l’entreprise, mais il a omis de parler de celle désastreuse pour une grande partie du Personnel. Ce goodwill, compté par trimestre, jouera sur chaque résultat trimestriel.
Le Président a indiqué que lorsque AKER avait été acquis au début de l’année 2001, les comptes n’étaient pas disponibles mais qu’il y avait dans l’accord une clause de réajustement de prix. Une réclamation est en cours. Un résultat positif sur cette réclamation viendrait réduire le goodwill d’acquisition d’AKER.
La Direction indique que le cash flow est de 41 millions d’euros et que c’est l’élément essentiel pour juger de la bonne santé du groupe. Selon le rapport de l’expert, le Groupe élargi n’a pas fait ses preuves
Le rapport de l’expert indique que la logique industrielle de l’opération de rachat de COFLEXIP et de constitution du nouveau groupe TECHNIP-COFLEXIP reste à démontrer : il remarque s’il avait été annoncé par la Direction que le rapprochement avec Coflexip doit permettre d’exploiter le potentiel de contrats intégrés et si le groupe TECHNIP-COFLEXIP affiche une gamme complète de compétences, "à l’heure actuelle, un seul véritable contrat intégré a été attribué dans le secteur", "en outre, pas encore d’exemples de contrats intégrés upstream + downstream". "Dans ces conditions, l’avantage décisif de l’intégration au coeur de la logique industrielle de l’opération reste à démontrer". Pour la Direction la signature imminente, confirmée depuis, d’un contrat EPIC (engineering, procurement, installation, construction), XIKOMBA en Angola, démontre que le Groupe est bien positionné pour ce type de contrats. Pour ce qui est des contrats intégrés upstream/downstream, le Président considère qu’il n’y a pas beaucoup de contrats de ce type. Quant aux synergies en procurement, D. VALOT répond que l’e-procurement est lancé, ainsi que le "global procurement" (l’utilisation des implantations internationales pour rechercher des fournisseurs au meilleur prix). Il indique que COFLEXIP a adopté nos outils et que grâce à un effet de taille, "notre puissance de négociation est maintenant supérieure".
L’e-procurement dont on dit qu’il a coûté 24 millions d’euros est-il opérationnel ? Quels sont les économies actuellement réalisées ? Quand et comment la Direction envisage-t-elle d’atteindre l’économie de 18 millions d’euros mentionnée dans le document ? D. VALOT répond que sur 3 milliards d’euros d’achats effectués par le groupe, ce système ne change rien pour 800 millions d’euros : par exemple, le matériau thermoplastique pour Le Trait est fourni par un seul fournisseur. Reste 2,2 milliards où on a estimé que notre rapprochement permettrait de gagner 3 % : d’où le chiffre de 60 millions. Renonçant aux chiffres annoncés pour 2002, il renvoie la phase positive à 2003 et admet qu’il y a eu un retard.
De même, on peut s’inquiéter sur la suite de l’opération concernant le rachat de la Compagnie Générale de Géophysique (CGG) en octobre. L’IFP va-t-il être amené à s’endetter ? L’opération avec CGG se fera-t-elle dans les termes prévus ? L’IFP va-t-il être amené à se retirer du Groupe ? Quelles peuvent être les conséquences pour IFP, CGG, TECHNIP-COFLEXIP" ? Le Président a répondu que le problème était celui de l’IFP avec les banques. Agacé par les réactions à la baisse de l’action TECHNIP-COFLEXIP, il en a profité pour inviter les frileux à "placer leur argent à la caisse d’épargne". Il a confirmé que la participation de l’IFP au capital allait se réduire en conséquence du rachat de CGG.
De plus la CGT a noté qu’il est regrettable que la Direction ait refusé de discuter de ces problèmes tant avec les syndicats américains qu’avec les syndicats français. Le Président a déclaré qu’aux USA, le groupe applique la réglementation américaine et que le groupe se conforme à la charte de l’OIT. Le Président a indiqué qu’il est intervenu personnellement pour qu’il n’y ait pas de pressions sur le personnel et affirme qu’il y a engagement à ce que le groupe applique la législation. Les plaintes sont maintenant enregistrées et l’action est en cours. Un deuxième trimestre 2002 différent du premier ?Le Président a indiqué que le chiffre d’affaires 2002 serait plus faible qu’en 2001. Il a qualifié 2002 d’"année de paradoxe" car "toutes les sociétés ont annoncé qu’elles allaient augmenter leur production", "on devrait crouler sous les commandes", mais "les décisions se prendront plus tard que prévu". Il considère que le groupe devrait faire une performance EBITDA (résultat opérationnel hors amortissement) comparable à celle de l’an dernier (9 % en 2001, 8 à 9 % pour 2002). "Cela prouve qu’on est en excellente santé". Il s’est déclaré satisfait de la comparaison avec les groupes concurrents, notamment Mac Dermott qui "a perdu 45 % en un jour en Bourse". Il a tenu à rappeler que les résultats comptables "seront à lire avec prudence et à lire hors amortissement des survaleurs, à l’américaine". Quoiqu’il juge que "les affaires ne vont pas bien dans le monde", il considère qu’"il n’y a pas d’inquiétude, on est très bien partis. On a un carnet de commandes fabuleux. Les commandes pour les six premiers mois de 2002 sont très bonnes". Le Groupe n’est plus protége d’une O.P.A. par un pacte d’actionnaires
L’actionnariat à fin juin est le suivant : IFP : 7,9 %, Gaz de France : 6,3 %, TOTALFINAELF 3,3 %, soit en actions 17,5 % (en droit de vote, 24,6 % du fait du droit de vote double de Gaz de France et de TOTALFINAELF). A ceci s’ajoutent 9,7 % d’autocontrôle (actions détenues par TECHNIP-COFLEXIP lui-même), 1,9 % pour le personnel et 70,9 % pour les autres. Une concurrence encouragée avec TECHNIP ITALY
La Direction a répondu à des questions concernant notamment la répartition du travail entre TECHNIP FRANCE et TECHNIP ITALY. La Direction reconnaît que la notion de salariés extérieurs est assez large en Italie, ce qui relativise les effectifs mentionnés pour la réalisation d’un chiffre d’affaires important. Concernant le montant moyen des profits pour un chiffre d’affaires élevé, le Président indique que TECHNIP ITALY travaille bien, mais que "le montant des impôts en Italie est très élevé, beaucoup plus qu’en France". Le Président a ajouté que TECHNIP ITALY fait essentiellement des clé en main, ajoutant que les feed sont pour TECHNIP FRANCE, qui est aujourd’hui le centre d’expertise. Pour lui, il faudrait s’inquiéter s’il n’y avait plus de feed à TECHNIP FRANCE, mais il précise qu’on attend actuellement de gros clé en main à Paris. La Direction ne veut pas de la CGT et de la CGIL (CGT italienne) au comité d’entreprise européen de TECHNIP-COFLEXIPLa Direction a fait une proposition ne répondant pas du tout aux chiffres donnés par elle-même en cours de réunion et limitant le groupe de négociation à 11 membres, soit un par pays concerné et seulement 2 membres pour la France et un seul pour l’Italie. La CGT de TECHNIP FRANCE et de COFLEXIP a demandé à la Direction de revoir son calcul en fonction des effectifs réels, ce qui donnerait 5 représentants pour la France et 2 pour l’Italie. Ainsi, tous les syndicats seraient représentés. Et le Personnel ?
Le Président n’a abordé le travail du Personnel que comme un coût, c’est à dire des salaires "pas économiques" et des difficultés sur contrats pour lesquelles "les 35 heures et 9 semaines de congés y sont pour quelque chose". Le Personnel appréciera, d’autant que le Président ne s’estime en aucune manière responsable, peu ou prou, des résultats en baisse et de la chute du niveau de l’action TECHNIP-COFLEXIP. |
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