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28 mars 2008
Pour l’avenir des retraites, Manifestons le samedi 29 mars 2008
« A quel âge pourrais-je partir ? », « Quel sera le niveau de ma pension ? » Ce sont là les interrogations et inquiétudes de la majorité des salariés. Les plus jeunes se demandent tout simplement s’il existera encore un système public de retraite au moment de leur départ. De mars à mai s’ouvre une nouvelle phase de discussions avec le Gouvernement sur l’avenir de notre système de retraite en vue de préparer un nouveau projet de loi pour le mois de juin. Le Gouvernement indique déjà vouloir confirmer les orientations tracées en 1993 et en 2003 en allongeant dans un premier temps à 41 ans la durée de cotisation et en baissant à nouveau le niveau des pensions. Il voudrait également remettre en cause le dispositif de départ anticipé des longues carrières. De son côté, le Medef fait monter les enchères en proposant de reculer l’âge du droit à la retraite à 62 ou 63 ans et de réduire encore la contribution des entreprises pour leur financement. La logique infernale des réformes de 1993 et 2003 n’a rien résolu Aujourd’hui, le niveau des pensions des retraités recule inexorablement par rapport aux salaires des actifs. Près de quarante-deux ans de cotisations exigées pour toucher une retraite à taux plein en 2020. Une dégradation du rendement des pensions complémentaires AGIRC et ARRCO sans précédent. Pour une même somme versée, la valeur de la pension servie a baissé de 25 % en dix ans à l’AGIRC et de 20 % à l’ARRCO. La mise en place de l’indexation des pensions sur les seuls prix à la consommation et non plus sur l’évolution du salaire moyen, a entraîné au bout de quinze ans, une perte de 20 % de pouvoir d’achat pour les retraités par rapport aux actifs. Avec cette indexation, le salarié en activité perd également beaucoup et la pension de la CNAV ne représente plus que 43 % du salaire au lieu de 50 % précédemment. Assurer le droit à la retraite à partir de 60 ans Le droit à la retraite à 60 ans à taux plein doit être accessible à tous. Il doit garantir le choix effectif du salarié de cesser son activité. C’est pourquoi le droit au travail doit lui aussi être assuré. Madame Parisot, présidente du Medef, voudrait faire reculer cet âge à 62 ou même 63 ans, prétextant l’allongement de l’espérance de vie. Elle feint ainsi d’oublier l’incroyable progression de la productivité ces cinquante dernières années qui permet d’envisager une retraite plus longue. Le Gouvernement de son coté feint aussi de ne pas toucher à l’âge de départ à 60 ans, mais allonge sans cesse la durée de cotisations exigée pour toucher une retraite à taux plein. La CGT est opposée à l’allongement projeté de la durée de cotisation à 41, puis 42 ans. Elle propose que la durée exigée pour obtenir le plein des droits à retraite prenne en compte les périodes de stages, d’études et de premières recherches d’emploi. La double peine que constitue le système de décote (pénalité appliquée lorsque le salarié n’a pas atteint le nombre d’annuités exigé) est totalement injuste puisque la durée de cotisations intervient déjà dans le calcul de la pension de retraite. Reconnaître la pénibilité au travail par un départ anticipé La CGT revendique la possibilité d’un départ anticipé en retraite pour les salariés ayant exercé des travaux pénibles ou des emplois à fortes contraintes (port de charges lourdes, travail répétitif, exposition aux intempéries, au bruit, à la chaleur, à des substances nocives, travail de nuit et en équipe...). Elle demande une amélioration du dispositif des « carrières longues ». Garantir un bon niveau des retraites La CGT propose de garantir à chacun un niveau de pension au moins égal à 75 % de son salaire, avec un minimum global pour une pension de retraite complète qui ne soit pas en-dessous du Smic et un retour à l’indexation sur les salaires des droits à retraite en cours d’acquisition. Les illusions de « l’épargne retraite » Gouvernement et patronat incitent les salariés à recourir à l’épargne individuelle pour compenser les baisses programmées des retraites. Avantages fiscaux, abondements des entreprises, tout est bon pour favoriser le recours à ces produits d’épargne. Banques et compagnies d’assurances cherchent à tout prix à placer ces produits et sèment de graves illusions sur le montant des pensions qui reviendront aux salariés le jour de leur retraite. Ces produits coûteux ne sont pas fiables :
Ce système « d’épargne-retraite » mis en place en Grande-Bretagne par Margaret Thatcher a fait faillite, aujourd’hui, seul 1 travailleur britannique sur 4 peut espérer disposer d’une retraite convenable. Pour assurer le financement des retraites, les moyens financiers existent Financer la retraite doit porter l’exigence d’une modification de la répartition des richesses en faveur du travail. En ce sens, les actions menées par les salariés pour la défense de l’emploi et pour l’augmentation des salaires permettent l’accroissement des cotisations sociales dévolues au financement des retraites. Le recours au travail précaire doit être lourdement taxé, les profits financiers doivent être mis à contribution, le système des exonérations financières aux entreprises doit être revu pour inciter l’investissement dans les politiques sociales. Le « trou de la Sécurité sociale » n’est pas une fatalité. Chacun sait bien que la clé du financement est dans le développement de l’emploi. 4 millions d’emplois supplémentaires apporteraient la moitié des besoins de financement nécessaire pour la retraite via les cotisations, c’est à peu près le nombre de salariés disponibles aujourd’hui pour un vrai emploi. Une priorité doit être accordée à l’emploi des jeunes et des seniors (6 salariés sur 10 ne sont déjà plus en activité lorsqu’ils liquident leurs droits à la retraite). La priorité n’est pas le cumul emploi-retraite, mais l’intégration dans l’emploi avant 60 ans. La CGT fait des propositions pour apporter les ressources complémentaires, permettre l’équilibre des régimes et sécuriser le droit à la retraite pour tous :
La CGT estime que la meilleure façon d’aborder de telles échéances est d’exprimer dès à présent les revendications de tous, actifs et retraités, elle appelle les salariés du public et du privé à manifester le 29 mars. Tous ensemble, pour l’avenir des retraitesà 14 heures 30 de la Nation à la Bastille |
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