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29 avril 2008
Pouvoir d’achat, Augmentation du salaire de base, Reconnaissance des qualificationsAutant de questions à l’ordre du jour
Avec une inflation à plus de 3 % en 2007 et déjà 1,14 % pour les trois premiers mois de 2008, le constat de la situation actuelle est préoccupant pour tous les salariés, y compris les cadres. Pour une très grande majorité d’entre eux, la réalité se traduit aussi par la réduction de leur pouvoir d’achat. L’individualisation de la rémunération montre ses limites quand elle rime avec « travailler toujours plus » dans un état de stress croissant. D’autant que les efforts accomplis ne garantissent aucune véritable progression de leur rémunération. Aujourd’hui, il y a besoin de revaloriser et revoir la structure des salaires, notamment de l’encadrement, et de mettre un terme au déclassement des jeunes diplômés, au tassement des grilles pour tous, aux inégalités de salaires femmes/hommes, aux discriminations de toutes sortes dont sont victimes notamment les plus jeunes. Un niveau de salaires historiquement bas Depuis plus de vingt ans, les politiques salariales dans le privé comme dans le public ont porté un coup sérieux au niveau des salaires. Les cadres, ingénieurs, techniciens et agents de maîtrise comme les autres salariés sont touchés. Un tassement vers le bas de la hiérarchie des salaires s’est opéré sans que cela ait par ailleurs profité aux bas salaires. Dans le même temps, les prix ne cessent d’augmenter et certains postes de dépenses comme le logement, l’énergie, l’alimentation, la santé, connaissent des hausses particulièrement importantes. Le pouvoir d’achat de tous les salariés ne cesse de se dégrader. Revenus et salaires : la confusion des genres Le patronat et le Gouvernement s’attachent à remettre en cause les repères collectifs et introduisent de nouveaux modes de rémunérations du travail. Pour certains la part variable du salaire est de moins en moins négligeable et les place dans une situation de précarité et d’insécurité personnelle qui les empêche parfois de concrétiser un projet de vie. Les primes aléatoires se multiplient et leurs évaluations et principes d’attribution dépendent de critères qui échappent le plus souvent au contrôle des instances représentatives du personnel. Les salariés sont de plus en plus nombreux à trouver problématique cette absence de transparence. L’individualisation est controversée car toutes les activités professionnelles font appel à des collectifs de travail et la déconnexion fréquente des indicateurs chiffrés utilisés avec la réalité du travail laissent peu de place à une évaluation individuelle « objective ». Au bout du compte, l’individualisation de la rémunération lèse les salariés touchés par ce type de rétribution, pour le maintien de leur pouvoir d’achat. Il nous faut donner un coup de frein aux formes aléatoires et non-salariales des rémunérations. Le contrat de travail qui lie l’employeur au salarié est un contrat de moyens, il ne doit pas devenir un contrat d’objectifs dans lequel les salariés prendraient les risques en lieu et place de l’entreprise et des actionnaires. Il s’agit pour les salariés de reconquérir des garanties collectives et des règles négociées en matière d’évolution de carrière, d’évaluation collective et individuelle. Toutes les catégories doivent bénéficier d’augmentations générales. La baisse des salaires mine la protection sociale L’affaiblissement continu des salaires d’embauche et le tassement relatif de la masse salariale qui s’ensuit mettent en péril le système de protection sociale fondé sur la solidarité entre les salariés, toutes générations confondues. Cette baisse globale pèse lourdement sur le financement de la Sécurité Sociale et précarise le système de soins. Elle sert également de prétexte au démantèlement du système des retraites et à justifier par anticipation l’allongement de la durée des cotisations et la baisse du niveau des pensions des future retraités. La reconnaissance des qualifications Les jeunes font leur entrée dans le monde du travail dans des conditions complètement dégradées et sont nettement moins bien payés que leurs ainés. Les qualifications, souvent largement exploitées, ne sont pas rémunérées à leur niveau et pour avoir un salaire, nombre d’entre eux sont contraints d’accepter des emplois bien inférieurs à leurs compétences et savoir -faire. La reconnaissance des diplômes, de la licence au doctorat, est une question à mettre à l’ordre du jour. Les écarts de salaires entre les femmes et les hommes s’élèvent en moyenne à 25 %. Une forte mobilisation doit voir le jour pour exiger l’égalité des salaires et des responsabilités à qualification égale, ainsi que pour les mêmes garanties de perspectives de carrière. Les discriminations constatées à l’embauche et durant la vie professionnelle dévalorisent de fait les diplômes et les qualifications. Les profits se portent bien Malgré l’intensification du travail, malgré l’accroissement des responsabilités imposé à l’encadrement, malgré la hausse des qualifications exigées, la reconnaissance individuelle et collective est rarement au rendez-vous. Pour nombre d’employeurs, partisans du « dumping social », revendiquer le maintien du pouvoir d’achat, l’augmentation du salaire de base, la reconnaissance des qualifications seraient des propositions de nature à mettre en péril l’existence même de leur entreprise. Pourtant, de l’argent, il y en a, et beaucoup ! Les groupes français du CAC 40 affichent des profits toujours plus grands alors que les revenus du travail, de moins en moins attribués aux salariés, augmentent continuellement les dividendes des actionnaires : 57 milliards en 2004, 84 en 2005, 98 en 2006, 108 en 2007, soit + 89,5 % en trois ans. Peut-on laisser une telle situation perdurer sans réagir ? Nous pensons que les salariés sont fondés à demander la juste rétribution de leur investissement, de leur disponibilité et la reconnaissance de leurs qualifications. L’UGICT CGT revendique pour tous :
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