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10 janvier 2003
Salaires 2003La Direction n’a pas d’argument pour refuser le maintien du pouvoir d’achat de tout le Personnel
Alors que le personnel dans son ensemble a largement exprimé ses demandes pour des mesures salariales motivantes, la direction joue la division entre salariés et refuse le maintien du pouvoir d’achat pour tous. Ses premières propositions sont les suivantes : Le pourcentage global pour révisions individuelles proposé est de 2,4 % pour les ingénieurs et cadres, 1,2 % pour les techniciens et agents de maîtrise et 6 % pour les comités jeunes cadres et jeunes techniciens. Afin d’éviter la pression du Personnel que des propositions aussi dérisoires vont susciter, la Direction espère conclure sur ces bases dès la prochaine réunion du 14 janvier, jour du cocktail du Président.
Pour tenter de justifier des mesures salariales ridicules pour l’ensemble du Personnel, la Direction a mis en avant une tentative d’arguments industriels, économiques et financiers qui ne tiennent pas face à une rapide analyse :
Depuis les évènements du 11 septembre 2001, la situation a peu évolué. A ce sujet, D. VALOT a plusieurs fois évoqué que ces évènements, dont les conséquences financières immédiates ont été considérées au départ comme positives pour la réalisation de l’opération de rachat de COFLEXIP fin septembre 2001, n’avaient eu ou n’auraient aucun impact sur l’activité de TECHNIP-COFLEXIP et sur ses résultats. Il a même précisé à plusieurs reprises que TECHNIP-COFLEXIP était bien positionné sur deux grands secteurs porteurs non touchés par une récession, le gaz et l’offshore. Quel rapport alors avec le niveau de nos salaires ? Quel lien peut-on faire avec son refus d’accorder le niveau des revendications du personnel en matière de salaire ?
Cet argument passe-partout égrené à chaque négociation salariale ne tient pas. Une augmentation des salaires de 5 % intervient pour moins de 1 % dans un clé en main. Il y a eu des périodes récentes où TECHNIP a su se montrer concurrentiel et dynamique avec la mise en place d’augmentations générales pour les ingénieurs, les cadres, les techniciens et les agents de maîtrise, et le versement de primes dans un contexte pourtant plus difficile qu’aujourd’hui. A contrario, on constate aujourd’hui que depuis le blocage des salaires, la Direction signe moins de contrats.
Il y a toujours une monnaie qui baisse par rapport à l’euro. C’est là aussi le sempiternel argument de la Direction pour s’opposer à l’augmentation des salaires du Personnel. Les contrats TECHNIP ne se passent-ils pas en plusieurs monnaies, notamment en dollars ? De plus, la synergie de groupe avec des filiales implantées hors de la zone euro ne joue-t-elle pas en faveur de notre compétitivité par rapport aux autres entreprises ? A quoi servirait le Groupe sinon à accroître notre compétitivité face à la concurrence ? Que le dollar baisse ou monte, selon la Direction c’est toujours mauvais pour les salaires.
Il est évident que l’intérêt de tous est qu’il n’y ait pas de guerre en Irak. Nous sommes intervenus à ce sujet et interviendrons à nouveau contre cette guerre. Il est également nécessaire que les tentatives de coups d’état soutenues par le patronat local cessent au Vénézuéla. Ces menaces ont entraîné une hausse des cours pétroliers qui devrait être annulée par une hausse de production des pays de l’OPEP. Cette situation a entraîné des transferts d’investissements vers d’autres régions et devrait favoriser, comme le disait récemment D. VALOT, une augmentation de l’activité offshore sur laquelle nous sommes bien positionnés. Enfin sur ce point, quel rapport entre la nervosité des marchés et l’augmentation raisonnable de nos salaires ?
Quasiment toutes les entreprises du secteur ont subi une chute du cours de leur action et tous les salariés qui, comme à TECHNIP FRANCE, ont suivi les appels de fonds de la Direction pour l’ "épargne salariale " ont perdu de l’argent sans que l’entreprise lève le petit doigt. Le recul des indices boursiers n’a pas de rapport avec nos augmentations de salaire. Ce recul n’empêche pas les Directions comme à TECHNIP de continuer à verser d’importants dividendes aux gros actionnaires et de dégager des sommes très importantes pour cela sans que ces versements ne viennent mettre en cause la compétitivité des entreprises.
C’est un très bon argument... en faveur de l’augmentation de nos salaires. Seulement sur 2002 et 2003 la Direction reconnaît une inflation de 4 % ce qui, aujourd’hui, sur la base des premières propositions de la Direction entraînerait une perte de pouvoir d’achat sur deux ans de 1,4 à 4 % selon la catégorie. Hors hausse des cotisations mutuelles, la hausse des cotisations UNEDIC et des cotisations retraite devrait porter cette perte de 2,4 à 5 %.
Depuis la modification de la politique salariale pour des mesurettes ridicules, c’est à dire depuis trois ans, l’entreprise signe de moins en moins de contrats et la charge de travail ne s’améliore pas. C’est bien la preuve que le niveau des salaires a peu d’impact sur la signature d’importants contrats clé en main. Bien au contraire, une bonne politique salariale a des effets bénéfiques sur la motivation, le dynamisme et la productivité de l’ensemble. Comme toujours en pareil cas, lorsqu’il n’y a pratiquement plus de politique salariale générale et individuelle et que les performances de l’entreprise sont contrastées, il faut regarder du côté de la Direction du Groupe dont la mégalomanie n’améliore pas les compétences en ingénierie. Les arguments de la Direction sont toujours les mêmes. Ils ne sont pas recevables et ne peuvent servir à justifier son actuelle position sur les salaires. Ses propositions ridiculement basses ou inexistantes suivant les catégories n’ont pas permis d’engager la négociation. Nous avons contacté les syndicats CFDT et CGC pour organiser ensemble une action dès lundi sans attendre la prochaine réunion officiellement programmée. La Direction veut conclure vite la négociation pour ne rien accorder comme mesure d’augmentation générale pour tous et faire baisser le pouvoir d’achat de tous. Le Personnel doit agir sans attendre pour débloquer la situation et obtenir : Le maintien du pouvoir d’achat pour les ingénieurs, les cadres, les techniciens, les agents de maîtrise, la fixation d’un plancher et le versement d’une prime pour tous. |
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